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Animal sauvage et animal domestique

  "Animal domestique

  Un animal domestique est un animal appartenant à une espèce ayant subi des modifications, par sélection, de la part de l'homme. C'est un animal qui, élevé de génération en génération sous la surveillance de l'homme, a évolué de façon à constituer une espèce, ou une race, différente de la forme sauvage primitive dont il est issu.
  Une espèce domestique est une espèce dont tous les représentants appartiennent à des populations animales sélectionnées ou sont issus de parents appartenant à des populations animales sélectionnées.
  La liste des espèces domestiques d'animaux est limitativement fixée par arrêté ministériel. Ainsi, par exemple, les chiens, les chats, les chevaux sont des animaux domestiques mais aussi les porcs, les dromadaires, le paon blanc, la carpe Koï, le vers à soie, etc.

  Animal sauvage

  Un animal sauvage (ou non domestique) est un animal appartenant à une espèce qui n'a pas subi de modification par sélection de la part de l'homme. Tout animal ne figurant pas dans la liste des animaux domestiques fixée par arrêté ministériel est un animal sauvage.

  Animal apprivoisé

Un animal apprivoisé n'est pas nécessairement un animal domestique. Un animal sauvage peut être apprivoisé.

  Animal de compagnie

Un animal de compagnie est un animal détenu ou destiné à être détenu par l'homme pour son agrément. Ce n'est pas nécessairement un animal domestique, ni même nécessairement un animal apprivoisé."

 

Animal domestique, sauvage, apprivoisé, de compagnie : quelles différences ?, Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), 25 août 2020.


 

  "Nombreuses aussi les espèces qui durent et ne purent se propager en se reproduisant, car toutes celles que tu vois respirer l'air vital, c'est leur ruse, leur bravoure ou leur vitesse enfin qui depuis l'origine ont sauvegardé leur lignée, ou bien encore leur utilité nous les recommande : nombreuses elles subsistent sous notre protection. La bravoure protégea la race cruelle des lions et les autres fauves, la ruse les renards, la fuite les cerfs. Mais ces cœurs fidèles, les chiens au sommeil léger, et toute l'engeance des bêtes de labour, les troupeaux laineux et les espèces à cornes sont tous confiés à la garde des hommes, Memmius. Portés à fuir les fauves, à rechercher la paix, une pâture abondante obtenue sans fatigue, ils reçoivent de nous ces biens pour prix de leurs services. Mais ceux à qui la nature ne donna nul moyen de vivre par eux-mêmes ou de nous fournir un service grâce auquel nous leur accorderions nourriture et sauvegarde sous notre protection assurément s'offraient aux autres comme proie et butin, entravés qu'ils étaient dans leurs chaînes fatales, jusqu'au jour où la nature amena leur espèce à trépas."

 

Lucrèce, De la nature, livre V, v. 855-877, tr. fr. José Kany-Turpin, GF, 1997, p. 363.


 

  "L'homme change l'état naturel des animaux en les forçant à lui obéir, et les faisant servir à son usage : un animal domestique est un esclave dont on s'amuse, dont on se sert, dont on abuse, qu'on altère, qu'on dépayse et que l'on dénature, tandis que l'animal sauvage, n'obéissant qu'à la nature, ne connaît d'autres lois que celles du besoin et de sa liberté. L'histoire d'un animal sauvage est donc bornée à un petit nombre de faits émanés de la simple nature, au lieu que l'histoire d'un animal domestique est compliquée de tout ce qui a rapport à l'art que l'on emploie pour l'apprivoiser ou pour le subjuguer ; et comme on ne sait pas assez combien l'exemple, la contrainte, la force de l'habitude, peuvent influer sur les animaux et changer leurs mouvements, leurs déterminations, leurs penchants, le but d'un naturaliste doit être de les observer assez pour pouvoir distinguer les faits qui dépendent de l'instinct, de ceux qui ne viennent que de l'éducation ; reconnaître ce qui leur appartient et ce qu'ils ont emprunté, séparer ce qu'ils font de ce qu'on leur fait faire, et ne jamais confondre l'animal avec l'esclave, la bête de somme avec la créature de Dieu."

 

Buffon, Histoire naturelle, tome IV, 1753, Folio, 1992, p. 51.


 

  "Amour et liberté, quels bienfaits ! Ces animaux que nous appelons sauvages, parce qu'ils ne nous sont pas soumis, ont-ils besoin de plus pour être heureux ! Ils ont encore l'égalité, ils ne sont ni les esclaves, ni les tyrans de leurs semblables ; l'individu n'a pas à craindre, comme l'homme, tout le reste de son espèce ; ils ont entre eux la paix, et la guerre ne leur vient que des étrangers ou de nous. Ils ont donc raison de fuir l'espèce humaine, de se dérober à notre aspect, de s'établir dans les solitudes éloignées de nos habitations, de se servir de toutes les ressources de leur instinct, pour se mettre en sûreté, et d'employer, pour se soustraire à la puissance de l'homme, tous les moyens de liberté que la Nature leur a fournis en même temps qu'elle leur a donné le désir de l'indépendance.
  Les uns, et ce sont les plus doux, les plus innocents, les plus tranquilles, se contentent de s'éloigner, et passent leur vie dans nos campagnes ; ceux qui sont plus défiants, plus farouches, s'enfoncent dans les bois ; d'autres, comme s'ils savaient qu'il n'y a nulle sûreté sur la surface de la terre, se creusent des demeures souterraines, se réfugient dans des cavernes, ou gagnent les sommets des montagnes les plus inaccessibles ; enfin les plus féroces, ou plutôt les plus fiers, n'habitent que les déserts, et règnent en souverains dans ces climats brûlants, où l'homme aussi sauvage qu'eux ne peut leur disputer l'empire.

  Et comme tout est soumis aux lois physiques, que les êtres même les plus libres y sont assujettis, et que les animaux éprouvent, comme l'homme, les influences du ciel et de la terre ; il semble que les mêmes causes qui ont adouci, civilisé l'espèce humaine dans nos climats, ont produit de pareils effets sur toutes les autres espèces : le loup, qui dans cette zone tempérée est peut-être de tous les animaux le plus féroce, n'est pas à beaucoup près aussi terrible, aussi cruel que le tigre, la panthère, le lion de la zone torride, ou l'ours blanc, le loup-cervier, l'hyène de la zone glacée. Et non seulement cette différence se trouve en général, comme si la Nature, pour mettre plus de rapport et d'harmonie dans ses productions, eût fait le climat pour les espèces, ou les espèces pour le climat, mais même on trouve dans chaque espèce en particulier le climat fait pour les mœurs, et les mœurs pour le climat. […]
  Cependant les animaux sauvages et libres sont peut-être, sans même en excepter l'homme, de tous les êtres vivants les moins sujets aux altérations, aux changements et aux variations de tout genre : comme ils sont absolument les maîtres de choisir leur nourriture et leur climat et qu'ils ne se contraignent pas plus qu'on ses contraint, leur nature varie moins que celle des animaux domestiques, que l'on asservit, que l'on transporte, que l'on maltraite, et qu'on nourrit sans consulter leur goût. Les animaux sauvages vivent consciemment de la même façon ; on ne les voit pas errer de climats en climats ; le bois où ils sont nés est une patrie à laquelle ils sont fidèlement attachés, ils s'en éloignent rarement, et ne la quittent jamais que lorsqu'ils sentent qu'ils ne peuvent y vivre en sûreté. Et ce sont moins leurs ennemis qu'ils fuient que la présence de l'homme ; la Nature leur a donné des moyens et des ressources contre les autres animaux, ils sont de pair avec eux, ils connaissent leur force et leur adresse, ils jugent leurs desseins, leurs démarches ; et s'ils ne peuvent les éviter, au moins ils se défendent corps à corps ; ce sont, en un mot, des espèces de leur genre. Mais que peuvent-ils contre des êtres qui savent les trouver sans les voir, et les abattre sans les approcher ?
  C'est donc l'homme qui les inquiète, qui les écarte ; qui les disperse, et qui les rend mille sois plus sauvages qu'ils ne le seraient en effet ; car la plupart ne demandent que la tranquillité, la paix, et l'usage aussi modéré qu'innocent de l'air et de la terre ; ils sont même portés par la Nature à demeurer ensemble, à se réunir en familles, à former des espèces de sociétés. On voit encore des vestiges de ces sociétés dans les pays dont l'homme ne s'est pas totalement emparé : on y voit même des ouvrages faits en commun, des espèces de projets, qui, sans être raisonnés, paraissent être fondés sur des convenances raisonnables, dont l'exécution suppose au moins l'accord, l'union et le concours de ceux qui s'en occupent ; et ce n'est point par force ou par nécessité physique, comme les fourmis, les abeilles, etc. que les castors travaillent et bâtissent ; car ils ne sont contraints, ni par l'espace, ni par le temps, ni par le nombre, c'est par choix qu'ils se réunissent, ceux qui se conviennent demeurent ensemble, ceux qui ne se conviennent pas s'éloignent, et l'on en voit quelques-uns qui, toujours rebutés par les autres, sont obligés de vivre solitaires. Ce n'est aussi que dans les pays reculés, éloignés, et où ils craignent peu la rencontre des hommes, qu'ils cherchent à s'établir et à rendre leur demeure plus fixe et plus commode, en y construisant des habitations, des espèces de bourgades, qui représentent assez bien les faibles travaux et les premiers efforts d'une république naissante. Dans les pays au contraire où les hommes se sont répandus, la terreur semble habiter avec eux, il n'y a plus de société parmi les animaux, toute industrie cesse, tout art est étouffé, ils ne songent plus à bâtir, ils négligent toute commodité ; toujours pressés par la crainte et sa nécessité, ils ne cherchent qu'à vivre, ils ne sont occupés qu'à fuir et se cacher; et si, comme on doit le supposer, l'espèce humaine continue dans la suite des temps à peupler également toute la surface de la terre, on pourra dans quelques siècles regarder comme une sable l'histoire de nos castors."

 

Buffon, Histoire naturelle, tome VI, 1756, Folio, 1992, p. 54-55 et p. 57-59.


 

  "Dans un bestiaire moderne, une place de choix, un rang de roi revient aux animaux domestiques. Mais qui sont-ils et surtout que sont-ils ? Voilà qui fait naître certaines interrogations de bon sens. Un animal domestique est-il un habitant de la maison ? Tous les occupants du domos sont-ils pour autant domestiques ? Que dire des fourmis et des araignées qui hantent nos maisons ? Que penser des souris ? Sont-elles sauvages ou domestiques ? Un animal enfermé peut-il, à bon droit, être considéré comme « domestique » ? Un rossignol par exemple ? Et que dire de tous ces êtres vivant en aquariums, « tableau vivant » des singularités aquatiques ? Certes, nos animaux domestiques nous apparaissent « apprivoisés », « cultivés », « familiers » : comme c'est étrange ! « Unheimliche » : à la fois proches et lointains, semblables et différents. […]
  Autrement dit, tous les animaux dans la maison ne sont pas des animaux de la maison. Ils sont des passants (des espèces de « chapeaux et de manteaux »), non des hôtes. Pas de maison sans maître, qui délivre à son gré les titres de séjour et les autorisations de résidence. La maison est un lieu politique, « une communauté existentielle d'intérêt et d'action », où sévit la discrimination de l'ami et de l'ennemi. Cette discrimination n'est pas substantielle mais fonctionnelle. L'ami n'a aucune caractéristique propre, de même que l'ennemi n'a pas de propriétés particulières. Comme Carl Schmitt a pu le montrer, l'ennemi est toujours déclaré : c'est un certain discours qui fait d'un certain objet un ennemi. […] L'hospitalité est despotique. C'est le maître de maison qui « peut » accepter ou refuser, inviter ou exclure qui bon lui semble. À l'in­verse, seul l'invité peut se montrer tyrannique : être là où il ne doit pas être, être ici plutôt qu'ailleurs, présent plutôt qu'absent. Ainsi, comme il y a des amis des bêtes, il y a des ennemis des bêtes, des êtres humains qui font de certaines bêtes dans la maison, leur bête noire. La phobie s'apparente ainsi à une déclaration d guerre, du moins d'hostilité. Cherchez l'intrus : « Il ne doit pas y avoir d'araignée dans la maison », « je ne supporte pas les souris », « l'anti-fourmi n'est pas efficace », « je déteste le cafard ». Il y a là moins une folie qu'une politique, cette politique fut-elle au service de la folie ... À la maison se rapportent, il faut l'ajouter, d'autres lieux qui en constituent les « dépendances », Ainsi, l'écurie, selon Xénophon, fait partie intégrante de la maison et le cheval est, de tous les animaux, le mieux traité, du moins intellectuellement. Dans son Art équestre, Xénophon fait état des « pieds » et des « jambes » du cheval... Manière de dire qu'un animal domestique est un « animal dressé » !

  Il est plus difficile de se prononcer sur les animaux qui, dans la maison, vivent enfermés. Sont-il véritablement domestiques ? D'un côté, toutes les cages peuvent s'apparenter à des « zoos personnels », voire portatifs. On enferme les sauvages pour les voir tels qu'ils sont, à l'état brut (et l'on ne saurait oublier les « zoos humains » qui exhibaient aux yeux des « métropo­litains » les bizarres habitants de leurs colonies lointaines). Il y aurait donc, paradoxalement, des animaux sauvages domestiques. D'un autre côté, toutes les cages ressemblent à des prisons puisque ce qui est entravé, c'est la possibilité de se déplacer, possibilité qui appartient en propre aux animaux. Enfermer, en ce sens, un animal, c'est le priver de ce qui fait de lui, naturellement, un animal, un automate. Il y a là une sorte d'apartheid domestique dans lequel c'est la ségrégation, non la discrimination qui prévaut. Pourquoi ? Parce que l'animal pourrait aller voir ailleurs : il pourrait s'échapper. Ce que cette situation souligne, a contrario, c'est que l'animal domestique est l'animal domestiqué coûte que coûte, de gré ou de force, c'est que l'animal domestique, tel l'esclave en son temps, est celui d'une maîtrise (ou d'une poursuite de la maîtrise). Il fait ce qu'il peut, mais uniquement là où on lui dit de faire ...
  Sans doute le critère de l'animal dit domestique est-il d'être un sujet, au moins un sujet auquel on s'adresse. Émile Benveniste a montré l'asymétrie qui présidait à toute conjugaison : si la première et la deuxième personne sont bien des personnes, la troisième personne ne l'est qu'improprement ; elle n'est pas véritablement une personne mais un sujet. L'arabe permet de mieux apprécier le fait, qui distingue « celui qui parle », « celui auquel on s'adresse » et « celui qui est absent », qui est une non-personne. N'est domes­tique, en ce sens, que l'animal auquel on s'adresse, quoi qu'on puisse lui dire. L'animal auquel on ne s'adresse pas est sauvage, on ne lui parle pas, on en parle. Il est dès lors facile de comprendre qu'on puisse faire, spontanément, d'animaux des personnes, dans une confusion linguistique qui déborde le seul cas de l'animal. Grammaticalement, le droit des animaux n'a aucun sens. Dans cette perspective, n'importe quel animal peut devenir domestique à la double condition d'être lié à une maison et de constituer une adresse. Il y a des boas domestiques, des rats domestiques. Il y a des fennecs domestiques (quelle sauvage puanteur !), des lapins domestiques. Sont-ils pour autant tous également familiers ?"

 

Seloua Luste Boulbina, "Nos amies les bêtes", 2005, in L'animal, Cahiers philosophiques, rééd. 2011, p. 135-137.


 

  "La domestication ne se réduit pas à une artifi­cialisation d'animaux-objets ou machines, elle com­porte une « familiarisation » ou une socialisation qui ne s'appréhende pas seulement en termes de domination ou de rapports de force. Passer de l'arti­ficialisation à la socialisation, c'est passer du savoir du zootechnicien à celui de l'éthologue. Résultat d'un processus de socialisation impliquant les hom­mes et les animaux qui vivaient autour d'eux (commensaux domestiqués), la domestication n'a pu réussir que parce que les hommes n'ont pas traité les animaux comme des machines (en leur impo­sant un rapport de force, sans communication), comme des objets extérieurs et manipulables. Ils ont eu avec eux des échanges, et la domestication a pu se faire sans bénéfices réciproques : schéma­tiquement, comme l'ont remarqué de nombreux auteurs, de Lucrèce à Adam Smith, Dupont de Nemours, ou Henry David Thoreau, c'est un échange de protection et de nourriture contre un certain nombre de services. De tels échanges et de tels rapports sont porteurs d'obligations : c'est ce que nous avons désigné par l'expression de « con­trat domestique ». Nous voulons dire par là que les rapports à l'intérieur de ces communautés mixtes, qu'ont toujours été les communautés humaines et qui incluent donc des animaux, ne sont pas des rapports naturels (ils ne sont ni automatiques, ni inscrits dans un ordre naturel préexistant), mais qu'ils sont le résultat d'une histoire, faits d'une certaine forme de consentements volontaires, et réitérés d'une génération à l'autre, à la forme de société ainsi créée. Ces rapports sont réciproques (les obligations ne sont pas à sens unique), mais ils sont inégalitaires (gravement inégalitaires, puisqu'ils incluent la possibilité de mise à mort des animaux).
  Les sociétés humaines ont toujours inclus des animaux, ont toujours constitué des communautés mixtes. Mais ces communautés sont à géométrie variable : du XIXe siècle au XXe siècle, le périmètre de ces communautés s'est rétréci et elles ont perdu en diversité. La mécanisation (des transports, du travail) a vidé les villes tout autant que les campagnes de quantités d'animaux, alors que l'élevage industriel, en traitant les animaux comme des machines, détruisait les rapports sociaux complexes qui liaient l'éleveur et ses bêtes, mais aussi les animaux entre eux, faisant disparaître la communauté domestique. Plutôt que d'exclure des animaux de nos communautés mixtes, en les transformant en machines, ne ferions-nous pas mieux d'accepter d'y inclure des machines, qui, comme les Tamagotchi, ont vocation à jouer rôle d'animaux ?"

 

Catherine Larrère, "Des animaux machines aux machines-animales", 2009, in Qui sont les animaux ?, Folio essais, 2010, p. 106-107.

 

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Date de création : 02/10/2020 @ 11:24
Dernière modification : 05/10/2020 @ 07:18
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