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Texte à méditer :  Car quoi de plus excusable que la violence pour faire triompher la cause opprimée du droit ?  Alexis de Tocqueville
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Hors des sentiers battus
Expérimenter sur l'animal

  "Maintenant se présente cette autre question. A-t-on le droit de faire des expériences et des vivisections sur les animaux ? Quant à moi, je pense qu'on a ce droit d'une manière entière et absolue. Il serait bien étrange, en effet, qu'on reconnût que l'homme a le droit de se servir des animaux pour tous les usages de la vie, pour ses services domestiques, pour son alimentation, et qu'on lui défendît de s'en servir pour s'instruire dans une des sciences les plus utiles à l'humanité. Il n'y a pas à hésiter ; la science de la vie ne peut se constituer que par des expériences, et l'on ne peut sauver de la mort des êtres vivants qu'après en avoir sacrifié d'autres. Il faut faire les expériences sur les hommes ou sur les animaux. Or, je trouve que les médecins font déjà trop d'expériences dangereuses sur les hommes avant de les avoir étudiées soigneusement sur les animaux. Je n'admets pas qu'il soit moral d'essayer sur les malades dans les hôpitaux des remèdes plus ou moins dangereux ou actifs, sans qu'on les ait préalablement expérimentés sur des chiens ; car je prouverai plus loin que tout ce que l'on obtient chez les animaux peut parfaitement être concluant pour l'homme quand on sait bien expérimenter. Donc, s'il est immoral de faire sur un homme une expérience dès qu'elle est dangereuse pour lui, quoique le résultat puisse être utile aux autres, il est essentiellement moral de faire sur un animal des expériences, quoique douloureuses et dangereuses pour lui, dès qu'elles peuvent être utiles pour l'homme".

 

Claude Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, 1865, Champs Flammarion, p. 153.


 

  "Darwin raconte l'histoire de ce chien qui léchait la main de l'homme qui opérait sur lui une vivisec­tion. Peut-on se représenter, par empathie, ce que représente, sur la durée, la solitude, la souffrance, le silence d'un animal de laboratoire ?
  L'expérimentation animale devrait se régler sur la déontologie dite des trois R. Le remplacement, quand il est possible, qui consiste à substituer à des espè­ces sensibles des espèces non sensibles, ou à mener les expériences in vitro ; la réduction, à défaut de remplacement, qui consiste à limiter le nombre des expériences sur les animaux sensibles aux seules expériences considérées comme indispensables ; le raffinement qui vise à diminuer, autant que possible, la souffrance infligée. Mais, malgré la création de comités d'éthique pour l'expérimentation animale, les chercheurs supportent mal qu'on les contrôle.

  En tout cas, il faudrait éliminer les expérimenta­tions qui ne sont pas de l'ordre des recherches fondamentales et thérapeutiques."

 

Elisabeth de Fontenay, "Abécédaire", 2009, in Qui sont les animaux ?, Folio essais, 2010, p. 34.

 

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Date de création : 09/11/2020 @ 09:56
Dernière modification : 09/11/2020 @ 09:56
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