* *

Texte à méditer :  Aucune philosophie n'a jamais pu mettre fin à la philosophie et pourtant c'est là le voeu secret de toute philosophie.   Georges Gusdorf
* *
Figures philosophiques

Espace élèves

Fermer Cours

Fermer Méthodologie

Fermer Classes préparatoires

Espace enseignants

Fermer Sujets de dissertation et textes

Fermer Elaboration des cours

Fermer Exercices philosophiques

Fermer Auteurs et oeuvres

Fermer Méthodologie

Fermer Ressources en ligne

Fermer Agrégation interne

Hors des sentiers battus
Le behaviorisme

  "La psychologie telle que le béhavioriste la voit est une branche purement objec­tive et expérimentale de la science naturelle. Son but théorique est la prédiction et le contrôle du comportement. L'introspection ne forme pas une part essentielle de ses méthodes, et la valeur scientifique de ses données ne dépend pas de leur facilité à se prêter à une interprétation en termes de conscience. Le béhavioriste, dans ses efforts pour arriver à un schème unitaire de réponse animale, ne recon­naît pas de ligne de démarcation entre l'homme et l'animal. Le comportement de l'homme, avec tout son raffinement et sa complexité, n'est qu'une partie du projet global de recherche du behavioriste [...] La psychologie que je souhaite construire prendrait comme point de départ d'abord le fait observable que tous les organismes, homme comme animal, s'ajustent à leur environnement par le moyen d'équipements héréditaires ou acquis. Ces ajustements peuvent être très adéquats ou ils peuvent être si inadéquats que les organismes maintiennent dif­ficilement leur existence ; en second lieu, que certains stimuli conduisent les organismes à produire des réponses. Dans un système de psychologie complète­ment achevé, la réponse étant donnée, les stimuli peuvent être prédits ; et les stimuli étant donnés, la réponse peut être prédite."

 

John Broadus Watson, "La psychologie telle que le behavioriste la voit", 1913, Psychological Review, 20, p. 158.


 

  "Avant tout, le behavioriste considère que le domaine réel de la psychologie ne consiste qu'en mouvements observables. On ne peut formuler de lois, on ne peut pratiquer de mesures qu'à propos de choses observables, directement ou indirectement. Or, nous pouvons observer le comportement, c'est-à-dire ce que l'organisme fait et dit. Notez que pour Watson, la parole est une action comme les autres : « Dire, c'est faire, c'est-à-dire se comporter. Parler à voix haute ou à soi-même (penser) est un type de comportement tout aussi objectif que jouer au base-ball. »
  Le comportement des êtres humains peut toujours se décrire en termes de « stimulus et réponses », lorsqu'on en observe un fragment, un segment déterminé. Que faut-il entendre ici par « stimulus » et « réponse » ? Dans la terminologie watsonienne, c'est à peu près l'équivalent de ce qu'on appelle excitation et réaction, avec un sens un peu plus large. Par stimulus il faut entendre « tout objet du milieu général, et toute modification des tissus due à la condition physiologique de l'animal, telle que le changement qui survient si on le prive d'activité sexuelle ou de nourriture, ou si on l'empêche de se faire un nid. Par réponse, nous entendons tout ce que l'animal fait, comme de s'approcher ou de s'éloigner d'une lumière, de sursauter à un bruit, ou des activités plus hautement organisées, telles que la construction d'un gratte-ciel, l'établissement de plans, la procréation d'enfants, la rédaction de livres, etc. » […]

  Le behaviorisme est donc un secteur des sciences naturelles qui prend comme domaine propre le champ total des adaptations humaines. Il ne veut recourir qu'aux méthodes des sciences objectives, celles de la mesure, donc de l'observation extérieure. Comme on le voit, ce n'est pas seulement une psychologie de réaction, mais une science du comportement. Le comportement suppose des adaptations ou ajustements constants. Ces adaptations ont toute une série d'aspects ; elles concernent aussi bien le milieu interne (le corps lui-même) que le milieu externe, celui-ci revêtant à son tour un caractère physiologique, technologique, social.
  Le behaviorisme prétend que ces différentes formes d'adaptation – c'est-à-dire de réponses à des stimuli donnés – sont toutes solidaires ; elles impliquent l'homme total, et non quelques-unes de ses parties. Notons ce premier point. En voici un second, tout aussi important : le behavioriste ne prétend point être un pur spectateur de l'activité humaine. Il veut la contrôler et l'orienter, comme s'efforcent de le faire toutes les autres sciences naturelles. Les réactions humaines doivent pouvoir être manipulées comme les autres réactions naturelles. En groupant des faits, en expérimentant, le behavioriste veut apprendre à contrôler et à prévoir il le fera selon une formule qui sera le leitmotiv de tous les travaux de Watson, et qui n'est que le postulat commun à toute science, expression même du causalisme : prévoir, étant donné le stimulus, la réaction qui s'ensuivra ou bien, étant donné la réaction, reconnaître quelle est la situation ou le stimulus qui l'a suscitée."

 

Pierre Naville, La Psychologie du comportement, 1963, Gallimard Idées, 1973, p. 23-24 et p. 29-30.

 

Retour au menu sur l'animal


Date de création : 17/11/2020 @ 09:59
Dernière modification : 18/11/2020 @ 14:34
Catégorie :
Page lue 16 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article

Recherche



Un peu de musique
Contact - Infos
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

^ Haut ^