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Texte à méditer :  Une vie sans examen ne mérite pas d'être vécue.  Socrate
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Hors des sentiers battus
L'homme est-il un animal supérieur ?

  "Entre tant de merveilles du monde, la grande merveille, c'est l'homme. 
Il parcourt la mer qui moutonne quand la tempête souffle du sud, 
il passe au creux des houles mugissantes, et la plus ancienne des divinités, la Terre souveraine , l'immortelle, l'inépuisable,
une année après l'autre
il la travaille, il la retourne,
alignant les sillons au pas lent de ses mules.

Le peuple oiseau, race légère,
et les fauves des bois et la faune marine,
il les capture au creux mouvant de ses filets, cet inventeur de stratagèmes!
 Il attire dans ses pièges le gros gibier des plateaux,
il courbe sous le collier le col crépu du cheval, 
ou le taureau des monts dans le plein de sa force.

Et le langage et la pensée rapide comme le vent et les lois et les moeurs, 
il s'est tout enseigné sans maître,
comme à s'abriter des grands froids et des traits perçants de la pluie.
Génie universel et que rien ne peut prendre
 au dépourvu, du seul Hadès
il n'élude point l'échéance,
bien qu'à des cas désespérés, parfois, il ait trouvé remède."

 

Sophocle, Antigone, 442 av J.-C., v. 332-375, trad. Robert Pignarre, GF, 1999, p. 56-57.


 

  "Soclarus : - En tout cas, la différence entre l'homme et les animaux est énorme, et tout en faveur de l'homme, pour ce qui est de la capacité d'apprendre, de l'agilité intellectuelle et de tout ce qui touche à la justice et à la vie en société.
  Autoboulous : - À vrai dire, mon cher ami, bien des ani­maux l'emportent de loin sur l'homme. Que ce soit par la taille, la rapidité à la course, l'acuité visuelle ou la finesse de l'ouïe. Il ne s'ensuit pas pour autant que les hommes soient aveugles boiteux ou sourds. Même si c'est moins vite que les cerfs, nous cou­rons ! Sans avoir l'œil de l'épervier, nous y voyons clair ! La nature ne nous a pas non plus refusé tout avantage en matière de taille ou de force physique, bien qu'à cet égard nous ne valions rien comparés au chameau ou à l'éléphant. Alors, n'allons pas non plus refuser aux bêtes, sous prétexte que leur intel­ligence est moins déliée et leur faculté de raisonnement moindre, toute capacité intellectuelle ou réflexive, et jusqu'à l'usage de la raison : disons plu­tôt que cette dernière, chez eux, est faible et trouble, semblable à une vision myope et brouillée."

 

Plutarque, L'Intelligence comparée des animaux terrestres et marins, tr. fr. Myrto Gondicas, in L'Intelligence des animaux, arléa, 1990, p. 29-30.



  "Chaque être doit accomplir ce qui est en accord avec sa constitution. Tous les autres êtres ont été constitués en vue des êtres raisonnables, comme dans n'importe quel ordre, les choses inférieures en vue des supérieures, mais les êtres raisonnables l'ont été les uns pour les autres. Dans la constitution de l'homme, le caractère essentiel est donc la sociabilité. Le second, c'est la faculté de résister aux sollicitations corporelles, car le propre du mouvement de la raison et de l'intelligence est de se donner sa limite à lui-même et de ne jamais être vaincu par les mouvements des sens ni par ceux de l'instinct. Ces deux mouvements, en effet, sont de nature animale. Mais le mouvement de l'intelligence veut prédominer et ne pas être maîtrisé par eux, et cela à juste titre, car il est d'une nature à pouvoir se servir de tous les autres. En troisième lieu, il est dans la constitution d'un être raisonnable, de ne pas se montrer prompt à juger, ni facile à duper."

 

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, Livre VII, 55, tr. fr. M. Meunier.



  "La présomption est notre maladie naturelle et originelle. La plus calamiteuse et fragile de toutes les créatures c'est l'homme, et en même temps la plus orgueilleuse. Elle se sent et se voit logée ici parmi la bourbe et la fiente du monde, attachée et clouée à la pire, plus morte et croupie partie de l'univers, au dernier étage du logis, et le plus éloigné de la voûte céleste, avec les animaux de la pire condition des trois ; et se va plantant par imagination au-dessus du cercle de la Lune, et ramenant le ciel sous ses pieds. C'est par la vanité de cette même imagination qu'il s'égale à Dieu, qu'il s'attribue les conditions divines, qu'il se trie soi-même et sépare de la presse des autres créatures, taille les parts aux animaux ses confrères et compagnons, et leur distribue telle portion de faculté et de forces, que bon lui semble. Comment connaît-il par l'effort de son intelligence, les branles internes et secrets des animaux ? par quelle comparaison d'eux à nous conclut-il la bêtise qu'il leur attribue ?"

 

Michel de Montaigne, Les Essais (1572-1580), Livre II, chapitre 12 : "Apologie de Raymond Sebond", français modernisé par C. Pinganaud.



  "Petits hommes, hauts de six pieds, tout au plus de sept, qui vous enfermez aux foires comme géants ; et comme des pièces rares dont il faut acheter la vue, dès que vous allez jusques à huit pieds ; qui vous donnez sans pudeur de la hautesse et de l'éminence, qui est tout ce que l'on pourrait accorder à ces montagnes voisines du ciel, et qui voient les nuages se former au-dessous d'elles ; espèce d'animaux glorieux et superbes, qui méprisez toute autre espèce, qui ne faites pas même comparaison avec l'éléphant et la baleine ; approchez, hommes, répondez un peu à Démocrite. Ne dites-vous pas en commun proverbe : des loups ravissants, des lions furieux, malicieux comme un singe ? Et vous autres ; qui êtes-vous ? J'entends corner sans cesse à mes oreilles : L 'homme est un animal raisonnable ; qui vous a passé cette définition ? sont-ce les loups, les singes et les lions, ou si vous vous l'êtes accordée à vous-mêmes ? C'est déjà une chose plaisante que vous donniez aux animaux, vos confrères, ce qu'il y a de pire, pour prendre pour vous ce qu'il y a de meilleur, laissez-les un peu se définir eux-mêmes, et vous verrez comme ils s'oublieront, et comme vous serez traités. Je ne parle point, ô hommes, de vos légèretés, de vos folies et de vos caprices qui vous mettent au-dessous de la taupe et de la tortue, qui vont sagement leur petit train, et qui suivent, sans varier, l'instinct de la nature ; mais écoutez-moi un moment. Vous dites d'un tiercelet de faucon qui est fort léger, et qui fait une belle descente sur la perdrix : « Voilà un bon oiseau » ; et d'un lévrier qui prend un lièvre corps à corps : « C'est un bon lévrier ». Je consens aussi que vous disiez d'un homme qui court le sanglier, qui le met aux abois, qui l'atteint et qui le perce : « Voilà un brave homme. » Mais si vous voyez deux chiens qui s'aboient, qui s'affrontent, qui se mordent et se déchirent, vous dites « Voilà de sots animaux », et vous prenez un bâton pour les séparer. Que si l'on vous disait que tous les chats d'un grand pays se sont assemblés par milliers dans une plaine, et qu'après avoir miaulé tout leur soûl, ils se sont jetés avec fureur les uns sur les autres, et ont joué ensemble de la dent et de la griffe ; que de cette mêlée il est demeuré de part et d'autre neuf à dix mille chats sur la place, qui ont infecté l'air à dix lieues de là par leur puanteur, ne diriez-vous pas : "Voilà le plus abominable sabbat dont on ait jamais ouï parler ? » Et si les loups en faisaient de même : « Quels hurlements, quelle boucherie ! » Et si les uns ou les autres vous disaient qu'ils aiment la gloire, concluriez-vous de ce discours qu'ils la mettent à se trouver à ce beau rendez-vous à détruire ainsi, et à anéantir leur propre espèce ; ou près l'avoir conclu ne ririez-vous pas de tout votre cœur de l'ingénuité de ces pauvres bêtes ? Vous avez déjà, en animaux raisonnables, et pour vous distinguer de ceux qui ne se servent que de leurs dents et de leurs ongles ; imaginé les lances ; les piques, les dards, les sabres et les cimeterres, et à mon gré fort judicieusement ; car avec vos seules mains que pouviez-vous vous faire les uns aux autres, que vous arracher les cheveux, vous égratigner au visage, ou tout au plus vous arracher les yeux de la tête ? au lieu que vous voilà munis d'instruments commodes, qui vous servent à vous faire réciproquement de larges plaies, d'où peut couler votre sang jusqu'à la dernière goutte, sans que vous puissiez craindre d'en échapper. Mais, comme vous devenez d'année à autre plus raisonnables, vous avez bien enchéri  sur cette vieille manière de vous exterminer : vous  avez de petits globes qui vous tuent tout d'un coup, s'ils peuvent seulement vous atteindre à la tête ou à la poitrine ; vous en avez d'autres plus pesants et plus massifs, qui vous coupent en deux parts ou qui vous éventrent, sans compter ceux qui, tombant sur vos toits, enfoncent les planchers, vont du grenier à la cave, en enlevant les voûtes, et font sauter en l'air, avec vos femmes, l'enfant et la nourrice ; et c'est là encore où gît la gloire ; elle aime le remue-ménage, et elle est personne d'un grand fracas."

 

Jean de La Bruyère, Les Caractères, 1688, livre XII, "Des Jugements".


 

  "Le dernier pas de la raison, élevant ainsi entièrement l'homme au-dessus de la société des animaux, consista à comprendre (quoique de manière seulement obscure) que l'homme est proprement la fin de la nature, et que rien de ce qui vit sur terre ne peut prétendre en cela le concurrencer, La première fois qu'il dit aux moutons : la nature ne t'a pas donné la fourrure que tu portes pour ton propre usage, mais pour moi, et qu'il la lui ôta et s'en revêtit (Genèse, III, 21), il fut conscient d'avoir un privilège, en raison de sa nature, sur tous les animaux, qu'il ne vit plus désormais comme ses compagnons dans la création, mais comme des moyens et des instruments mis à sa disposition en vue de faciliter la réalisation des desseins qu'il pourrait se proposer. Cette représentation inclut a contrario (bien qu'obscurément) l'idée selon laquelle il n'a pas le droit de dire la même chose à un être humain, et qu'il doit au contraire considérer celui-ci comme participant à part égale des dons de la nature ; ce qui constituait une préparation à long terme aux limites que la raison allait devoir dorénavant imposer à sa volonté eu égard à son semblable, préparation qui est beaucoup plus importante, pour l'établissement de la 1a société, que l'attachement et l'amour.
  Et c'est ainsi que l'homme est parvenu à l'égalité avec tous les êtres raisonnables, quel que puisse être leur rang (Genèse, III, 22), à savoir en sa prétention à être en lui-même fine fin, à être également reconnu comme tel par tout autre et à n'être utilisé par personne seulement comme un moyen en vue d'autres fins."

 

Kant, Conjectures sur le commencement de l'histoire humaine, 1786, tr. fr. Ole Hansen-Løve, Hatier poche, 2008, p. 14-15.

 

  "Le dernier progrès que fit la raison, achevant d'élever l'homme tout à fait au-dessus de la société animale, ce fut qu'il comprit (obscurément encore) qu'il était proprement la fin de la nature, et que rien de ce qui vit sur terre ne pouvait lui disputer ce droit. La première fois qu'il dit au mouton : « la peau que tu portes, ce n'est pas pour toi, mais pour moi que la nature te l'a donnée », qu'il la lui retira et s'en revêtit, il découvrit un privilège qu'il avait, en raison de sa nature, sur tous les animaux. Et il cessa désormais de les considérer comme ses compagnons dans la création, pour les regarder comme des moyens et des instruments mis à la disposition de sa volonté en vue d'atteindre les desseins qu'il se propose. Cette représentation implique (obscurément sans doute) la contrepartie, à savoir qu'il n'avait pas le droit de traiter un homme de cette façon, mais qu'il devait le considérer comme un associé participant sur un pied d'égalité avec lui aux dons de la nature ; c'était se préparer de loin à la limitation que la raison devait à l'avenir imposer à sa volonté à l'égard des hommes ses semblables, et qui, bien plus que l'inclination et l'amour, est nécessaire à l'établissement de la société.
  Et ainsi l'homme venait d'atteindre l'égalité avec tous les autres êtres raisonnables, à quelque rang qu'ils pussent se trouver, c'est-à-dire, en ce qui concerne sa prétention d'être à lui-même sa fin, le droit d'être estimé par tous les autres comme tel, et de n'être utilisé par aucun comme simple moyen pour atteindre d'autres fins."

 

Kant, Conjectures sur les débuts de l'histoire humaine, 1786, tr. fr. Stéphane Piobetta, in Opuscules sur l'histoire, GF, 2014.

 


 

  "Nous ne dérivons plus l'homme de « l'esprit », de la « divinité », nous l'avons replacé dans le monde animal. Nous le tenons pour l'animal le plus fort parce qu'il est le plus rusé : de là résulte entre autres qu'il est spirituel. Nous repoussons d'autre part une fatuité qui aimerait bien là aussi se refaire entendre : comme si l'homme avait été le grand arrière-dessein de l'évolution animale. Il n'a vraiment rien d'un couronnement de la création : tout être, à ses côtés, se trouve à un égal degré de perfection... Et le prétendre est encore une prétention : pris relativement, l'homme est l'animal le plus malvenu, le plus morbide, le plus dangereusement dévoyé de ses instincts - bien entendu, avec tout ça, aussi le plus intéressant !"

 

Friedrich Nietzsche, L'Antéchrist, 1895, § 14, in Œuvres, tome II, Robert Laffont, Bouquins, 1993, p. 1049.

 

  "Nous avons changé notre savoir. Nous sommes devenus plus humbles en toutes choses. Nous ne faisons plus descendre l'homme de « l'Esprit », de la « Divinité », nous l'avons replacé parmi les animaux. Il est pour nous l'animal le plus fort, parce qu'il est le plus rusé : notre spiritualité en est une suite. Nous nous défendons d'autre part contre une vanité qui, là aussi, voudrait élever sa voix : comme si l'homme avait été la grande pensée de derrière la tête de l'évolution animale. Il n'est absolument pas le couronnement de la création ; chaque être se trouve à côté de lui au même degré de perfection… Et, en prétendant cela, nous allons encore trop loin : l'homme est relativement le plus manqué de tous les animaux, le plus maladif, celui qui s'est égaré le plus dangereusement loin de ses instincts — il est vrai qu'avec tout cela il est aussi l'animal le plus intéressant ! — En ce qui concerne les animaux, c'est Descartes qui le premier a eu l'admirable hardiesse de considérer l'animal en tant que machine : toute notre physiologie s'évertue à démontrer cette idée. Aussi, logiquement, ne mettons-nous plus l'homme à part, comme le faisait Descartes : ce que l'homme conçoit de nos jours, ne va pas plus loin que ce qu'il conçoit machinalement. Autrefois on donnait à l'homme le « libre arbitre » comme une dotation d'un monde supérieur : aujourd'hui nous lui avons même pris l'arbitre, la volonté, en ce sens qu'il n'est plus permis d'entendre par là un attribut. Le vieux mot de « volonté » ne sert plus qu'à désigner une résultante, une sorte de réaction individuelle qui, nécessairement, fait suite à une série d'irritations soit concordantes, soit contradictoires : — la volonté n'« agit » ni n'«agite » plus… Autrefois on voyait dans la conscience de l'homme, dans l' « esprit », une preuve de son origine supérieure, de sa divinité ; pour perfectionner l'homme on lui conseillait de rentrer ses sens en lui-même comme la tortue, de supprimer les relations avec les choses terrestres, d'écarter l'enveloppe mortelle : il ne restait de lui que l'essentiel : « le pur esprit ». Là aussi nous avons modifié notre manière de voir : L' « esprit », la conscience, nous semble précisément un symptôme d'une relative imperfection de l'organisme, une expérience, un tâtonnement, une méprise — une peine qui use inutilement beaucoup de force nerveuse, — nous nions qu'une chose puisse être faite à la perfection, tant qu'elle est faite consciemment. Le « pur esprit » est une bêtise pure : si nous faisons abstraction du système nerveux, de l' « enveloppe terrestre », nous nous trompons dans notre calcul — rien de plus !…"

 

Friedrich Nietzsche, L'Antéchrist, 1895, § 14, tr. fr. Henri Albert.


 

  "On m'a souvent reproché d'être antihumaniste. Je ne crois pas que ce soit vrai. Ce contre quoi je me suis insurgé, et dont je ressens profondément la nocivité, c'est cette espèce d'humanisme dévergondé issu, d'une part, de la tradition judéo-chrétienne, et d'autre part, plus près de nous, de la Renaissance et du cartésianisme qui fait de l'homme, un maître, un seigneur absolu de la création.
  J'ai le sentiment que toutes les tragédies que nous avons vécues, d'abord avec le colonialisme, puis avec le fascisme, enfin les camps d'extermination, cela s'inscrit non en opposition ou en contradiction avec le prétendu humanisme sous la forme où nous le pratiquons depuis plusieurs siècles, mais, dirais je, presque dans son prolongement naturel. Puisque c'est, en quelque sorte, d'une seule et même foulée que l'homme a commencé par tracer la frontière de ses droits entre lui-même et les autres espèces vivantes, et s'est ensuite trouvé amené à reporter cette frontière au sein de l‘espèce humaine, séparant certaines catégories reconnues seules véritablement humaines, d'autres catégories qui subissent alors une dégradation conçue sur le même modèle qui servait à discriminer espèces vivantes humaines et non humaines. Véritable péché originel qui pousse l'humanité à l'autodestruction.
  Le respect de l'homme par l'homme ne peut pas trouver son fondement dans certaines dignités particulières que l'humanité s'attribuerait en propre, car, alors, une fraction de l'humanité pourra toujours décider qu'elle incarne ces dignités de manière plus éminente que d'autres. Il faudrait plutôt poser au départ une sorte d'humilité principielle : l'homme, commençant par respecter toutes les formes de vie en dehors de la sienne, se mettrait à l'abri du risque de ne pas respecter boutes les formes de vie au sein de l'humanité même."

 

Claude Lévi-Strauss, Entretien avec Jean-Marie Benoist, "L'idéologie marxiste, communiste et totalitaire n'est qu'une ruse de l'histoire", Le Monde, 21-22 janvier 1979, p. 14.

 

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Date de création : 10/03/2021 @ 14:52
Dernière modification : 15/03/2021 @ 09:47
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