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Texte à méditer :  Ceux qui brûlent des livres finissent tôt ou tard par brûler des hommes.  Heinrich Heine
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Les jugements sont-ils libres ? Faculté de juger et liberté

  "[…] recherchant de quelle nature sont mes erreurs (qui suffisent à révéler quelque imperfection en moi), je remarque qu'elles dépendent du concours de deux causes conjointes, à savoir de la faculté de connaître qui est en moi et de la faculté de choisir ou liberté de décision, c'est-à-dire de l'entendement et conjointement de la volonté.
  Car par l'entendement seul, je ne fais que percevoir les idées sur lesquelles je puis porter un jugement, et l'on ne rencontre en lui, envisagé dans ces limites précises, aucune erreur proprement dite. Bien qu'en effet il existe peut-être d'innombrables choses dont il n'y a en moi aucune idée, on ne doit pourtant pas dire que j'en suis à proprement parler privé, mais que, de manière seulement négative, je n'en suis pas pourvu ; car c'est un fait que je ne peux apporter aucune raison qui prouve que Dieu aurait dû me donner une faculté de connaître plus grande qu'il ne l'a fait, et quelle que soit l'habileté reconnue à l'artisan, je ne crois pas pour autant qu'il aurait dû mettre en chacun de ses ouvrages toutes les perfections qu'il peut mettre en quelques-uns.

  D'autre part, je ne peux pas non plus me plaindre de n'avoir pas reçu de Dieu une volonté, ou liberté de décision, assez ample et parfaite ; car, vraiment, j'expérimente qu'elle n'est circonscrite par aucunes bornes. Et ce qui me semble tout à fait remarquable, c'est qu'il n'y a rien d'autre en moi de si parfait ou de si grand que je ne reconnaisse pouvoir être encore plus parfait ou plus grand. Car si, par exemple, je considère la faculté intellectuelle de connaître, je m'aperçois aussitôt qu'elle est en moi tout à fait étroite et finie, et je forme en même temps l'idée d'une autre beaucoup plus grande, que dis-je ! de la plus grande, infinie ; et du fait même que je puis en former l'idée, je vois qu'elle appartient à la nature de Dieu. De la même manière, si j'examine la faculté de se souvenir ou d'imaginer, ou n'importe quelle autre faculté, je n'en trouve absolument aucune que je ne reconnaisse pauvre et circonscrite en moi, immense en Dieu. Il n'y a que la volonté, ou liberté de décision, que j'expérimente si grande en moi que je n'ai idée d'aucune autre plus grande […].
  D'où naissent donc mes erreurs ? Tout simplement de ceci : la volonté ayant un champ plus large que l'entendement, je ne là contiens pas à l'intérieur des mêmes bornes, je l'étends aussi aux choses dont je n'ai pas l'intellection, et comme elle est à leur égard indifférente, elle se détourne facilement du vrai et du bien. C'est ainsi que je me trompe et que je pèche."

 

René Descartes, Méditations métaphysiques, 1641, Quatrième méditation, tr. fr. Michel Beyssade, Le Livre de Poche, 1993, p. 153-157 et 161.


 

  "Le jugement est-il libre ? — La matière du jugement consiste donc en deux termes, mais le jugement dans son acte consiste essentiellement dans l'affirmation d'un rapport comme vrai entre deux termes. Cette affirmation, à son tour, suppose autre chose, à savoir, que nous avons l'idée de la vérité. Si nous ne savions pas ce qu'est la vérité, il nous serait impossible de juger. Le rapport des deux termes rose et odorante n'est que l'expression de la convenance que je saisis entre ce rapport même et l'idée que j'ai de la vérité.
Cette idée de la vérité, d'une part et, d'autre part, l'objet sur lequel porte le jugement auquel on applique la vérité ne sont que les conditions de l'acte de juger, acte qui consiste en une affirmation. De là cette question : y a-t-il autre chose dans le jugement que les conditions mêmes de cet acte ? Cet acte est-il ou n'est-il pas quelque chose de plus que ses conditions ? Juger est-ce simplement apercevoir un rapport entre deux termes, apercevoir une vérité ? L'acte d'apercevoir est-il le même que l'acte d'affirmer ? Ou bien celui-ci vient-il s'ajouter au premier ? Si juger n'est qu'apercevoir un rapport, l'entendement même n'est qu'une faculté passive. Apercevoir n'est en effet autre chose qu'être en présence d'un objet et en subir la vision. Si au contraire il y a dans l'acte de juger quelque chose de plus qu'apercevoir, l'acte de l'entendement devient proprement actif. L'esprit agit en tant qu'il affirme. Il agit, c'est-à-dire qu'il n'est pas déterminé par ce qu'il aperçoit, qu'il ne le subit pas. Autrement dit, affirmer dans ce cas est un acte qui sort de l'esprit même, qui n'est pas simplement une forme qu'il prend, mais une détermination qu'il se donne, qui vient de son fond. Si donc l'acte de juger se ramène à l'acte d'apercevoir, l'entendement est une faculté passive et fatale ; sinon le jugement est un acte de liberté."

 

Jules Lagneau, "Cours sur le jugement", 1886-1887, Célèbres leçons et fragments, PUF, 1950, p. 191-192.


 

  "Ce qu'est le jugement. — Nous devons maintenant nous poser la question de savoir si le jugement est un acte libre ou un acte nécessaire. Demander cela revient en somme à demander si le jugement est déterminé dans la pensée par la matière de la connaissance, et s'il ne faut pas, pour qu'il y ait jugement, qu'intervienne la pensée proprement dite, l'entendement avec sa nature ? Mais l'intervention de la pensée est évidemment nécessaire. Nous avons vu qu'il n'y aurait pas d'affirmation possible si la pensée n'appelait pas chacune de ses idées ou représentations à sa barre, pour ainsi dire, pour les juger d'après l'idée qu'elle a de la vérité. Et il ne suffit pas que la pensée ait constamment cette idée de la vérité pour pouvoir former des jugements, il faut encore qu'elle l'applique d'une manière active, c'est-à-dire sans la subir, sans subir cette idée ni la nature à laquelle elle l'applique. Si je me borne à former des jugements sans les juger, je ne pense plus véritablement. Sans doute les jugements formés de la sorte sont nécessaires, mais ce ne sont pas de véritables jugements. Le véritable jugement est celui que je porte en me demandant si j'ai le droit de le porter. Tout véritable jugement est un acte de la pensée qui ne saurait s'expliquer par ses conditions.

  Condition empirique. — Mais on peut dire qu'il a au moins des conditions. Quelles sont-elles ? Il faut d'abord pour former un jugement que nous ayons l'idée de la vérité. Dans cette idée de la vérité, on peut distinguer deux éléments : l'un, tiré de l'expérience, l'autre de notre nature. L'élément empirique de notre idée du vrai, au moment actuel, est ce qu'il est, est donné ; nous le subissons, mais il ne nous détermine cependant pas complètement. Et, d'ailleurs, notre idée empirique du vrai, c'est nous-mêmes qui l'avons formée ou qui l'avons laissée se former. Nous subissons notre nature en tant que nous ne jugeons pas ; mais cette nature est le résultat de notre vie antérieure, dans laquelle la puissance absolue de la pensée s'est manifestée. Nous n'aurions pas d'idées, même fausses, si nous n'avions pas affirmé le vrai, si nous n'avions pas pensé auparavant.

  Condition théorique. — Enfin la condition de ce jugement empirique dont nous héritons de nous-mêmes actuellement, c'est que nous ayons eu, dès le principe, l'idée des conditions du vrai, c'est-à-dire d'une nature du vrai, laquelle n'est autre chose que la nature de l'entendement. C'est la pensée qui en nous produit sa propre nature. Les objets dont elle subit les formes ne l'expliquent pas, ne la produisent pas ; elle ne relève que d'elle-même. Ainsi, comme nous l'avons vu, nous ne passerions jamais de la sensation à la perception sans les formes a priori de la sensibilité (espace et temps). De même nous ne passerions pas de la perception au jugement sans les formes a priori de l'entendement. Ces formes ne viennent pas des choses mais de nous-mêmes ; c'est nous qui les faisons. Notre entendement ne subit rien d'étranger. Ainsi : 1° Nous sommes libres dans nos jugements en ce sens que ces jugements ne sont jamais déterminés complètement par leurs conditions ; 2° Nous sommes libres parce que ce sont nos jugements précédents qui forment notre nature actuelle. On ne peut donc dire en aucun sens que la connaissance est déterminée en nous sans nous. C'est la pensée, en somme, qui, constamment, soutient sa propre nature.

  Libre réflexion. — Mais ce n'est pas tout. Nous pouvons, lorsque nous avons pris ainsi conscience de notre nature pensante, nous élever au-dessus d'elle par un acte de réflexion philosophique, nous en demander les raisons, comprendre notre nature et nous en affranchir. Le jugement sous cette forme supérieure, le jugement par lequel l'esprit saisit, comprend sa pure spontanéité, sa pure indépendance en face de toute nature, est un acte essentiellement libre. Or, une fois formé, ce jugement peut descendre peu à peu dans toute la trame de notre pensée. L'homme qui a une fois réfléchi a transformé sa vie ; il est impossible que cet acte de réflexion ne pénètre pas jusqu'au fond de sa vie. C'est la vertu propre de la liberté, de la pure pensée, que de s'étendre indéfiniment, et de pénétrer toujours plus avant dans la trame de l'être. L'homme qui a une première fois réfléchi s'est rendu par là capable de s'affranchir. Et cela n'est possible que parce que la vie pensante est coextensive à la vie en général, est à tous ses degrés une manifestation absolue de l'être. Dans la sensation même il y a déjà de la pensée, c'est-à-dire que nos sensations ne se composent entre elles que parce qu'il y a en elles quelque chose d'intelligible. Il en est de même de l'imagination qui se forme en nous à la suite de la perception ; de même aussi des idées, des jugements, et des raisonnements.

  En quel sens nos pensées sont libres. — Nous arrivons par là à comprendre que toutes nos pensées sont libres dans leur principe, et en même temps à comprendre comment l'acte suprême de la pensée est de comprendre ses formes, sa propre nature. Les idées mêmes de la liberté et de la nécessité, la pensée peut les comprendre, c'est-à-dire les saisir dans leur connexité et leur identité. Voir la pensée sous forme de liberté et de nécessité, ce sont là deux manières qui se complètent l'une l'autre, qui ne peuvent aller l'une sans l'autre. En définitive, à qui demande si le jugement est nécessité ou libre, il convient de répondre qu'il est l'un et l'autre, qu'en réalité la conception de la pensée comme nécessaire et de la pensée comme libre sont deux moments de la pensée, deux moments par lesquels elle passe. La pensée peut être conçue comme nécessité et comme liberté ; mais, en tant qu'elle comprend la connexité de ces deux points de vue, elle est libre, elle échappe à la critique.

  Volonté et liberté. — En résumé le jugement est un acte de volonté (Descartes), si par volonté on entend notre nature pensante, en tant qu'elle est apte à combler la distance qui sépare toujours, dans un acte de connaissance, la conception des conditions de la vérité de l'aperception de ces conditions. Jamais, à proprement parler, dans aucune de nos connaissances, nous ne pouvons trouver la justification de l'affirmation que nous faisons de la vérité ; jamais, en d'autres termes, la matière de la vérité n'est adéquate à sa forme. Il y a donc un élément de croyance naturelle dans toutes nos affirmations. Tout jugement réel que nous formons n'est que moralement vrai. Le jugement est donc un acte de volonté (Descartes), si par volonté on entend notre nature pensante en tant qu'elle nous porte à franchir la distance qui sépare toujours, dans tout acte de connaissance, la très grande vraisemblance de la certitude. Maintenant, dans la volonté ainsi considérée, on peut trouver place pour la liberté, car il y a place pour le doute. De deux choses l'une : ou bien on suspend son jugement, et c'est par un acte de liberté ; ou bien on affirme sans être certain de ne pas se tromper, ce qui ne peut avoir lieu que par un acte de liberté. Un esprit, qui prend conscience du désaccord qui existe toujours entre ce qu'il affirme et ce qui est véritablement, ne peut plus se défaire d'une espèce de doute philosophique. Nous sommes libres en tant que nous conservons toujours une arrière-pensée. Dans tous les cas, la parfaite liberté de l'esprit consiste dans un acte par lequel il comprend l'impossibilité absolue où il est de trouver la certitude dans l'expérience. Comprendre que nous ne sommes pas en présence de la vérité comme d'une chose, que c'est nous qui faisons la vérité, c'est un acte de liberté. Aussi faut-il distinguer entre la volonté et la liberté. Les jugements sont toujours œuvre de volonté ; nous affirmons en dehors de toute certitude absolue, parce qu'il y a pour nous nécessité de prendre des déterminations, parce qu'on ne saurait attendre indéfiniment. Ajoutons que, dans tout jugement, même en tant qu'il n'est pas philosophique, la liberté a toujours une place en ce sens qu'il n'y a pas à proprement parler un jugement là où il n'y a pas doute en principe. Toujours le jugement est libre en ce sens qu'il n'est pas déterminé par ses conditions. Mais il est libre surtout lorsque intervient la réflexion philosophique. La liberté se manifeste parfaitement dans l'acte par lequel nous comprenons que la vérité tout entière est un produit de la pensée."

 

Jules Lagneau, "Cours sur le jugement", 1886-1887, Célèbres leçons et fragments, PUF, 1950, p. 212-215.



  "Deux conditions de jugement. — On ne saurait donc dire simplement avec Descartes que le jugement soit un acte de volonté libre. En effet, outre que le jugement suppose toujours une matière sur laquelle il porte, et qui est amenée dans l'esprit par le mécanisme de l'association, matière donnée en aperception à l'entendement, il suppose encore l'idée des conditions à remplir pour dégager de cette matière aperçue, de ces idées, une connaissance vraie, c'est-à-dire universelle et nécessaire ; en l'absence de cette idée, le jugement serait impossible, et on ne saurait expliquer sans elle aucune des positions de l'esprit en face de la vérité à affirmer.

  D'où il ne suit pourtant pas que la connaissance soit fatale. — Mais, tout d'abord, cette idée des conditions de la vérité ne détermine pas le jugement par sa seule présence. Le jugement consiste dans l'acte par lequel nous reconnaissons, au risque de nous tromper, dans l'objet du jugement, ces conditions comme réalisées. Ensuite : 1° Cette idée suppose une forme première, de laquelle elle n'est qu'une application, l'idée même de la vérité en général, et de ses conditions universelles. Cette idée vient de l'esprit même ; par conséquent, si la connaissance en dépend, il ne s'ensuit pas qu'elle soit fatale, puisqu'elle ne dépend ici que de l'esprit même ; or dépendre de soi n'est pas le contraire de la liberté, si ce n'est pas encore la liberté parfaite.

  Le progrès de l'esprit. — 2° Cette idée comporte des déterminations progressives de plus en plus précises, des applications à des cas particuliers de plus en plus nombreux. Dans cette complication consiste le progrès même de l'esprit, en tant que nature capable de connaissances vraies. Or, ce progrès résulte de l'exercice antérieur que l'esprit a fait de sa faculté de juger. Par conséquent, dépendre de cette condition (idée des conditions de la vérité) dans le jugement, c'est dépendre : 1° De la nature universelle de l'entendement ; 2° De nous-mêmes, en tant que nous avons, dans des actes successifs, appliqué, réalisé cette nature universelle de l'entendement. Par suite, l'entendement et la volonté ne sauraient être considérés comme de pures abstractions, dont toute la réalité se résoudrait dans l'ensemble des idées successives [270] constituant un être pensant. Tout jugement est un acte d'entendement d'abord, en ce sens qu'il suppose l'idée de la vérité et de ses conditions, idée qui découle de la nature même de l'entendement, ou plutôt qui est cette nature. Tout jugement est aussi un acte de volonté, en ce sens que, pour qu'un jugement ait lieu, il faut toujours que la nature de l'entendement soit appliquée à la matière de la connaissance (représentation) par un acte spécial qui reconnaît en celle-ci les conditions de la vérité données par la première.

  Degrés de la volonté à la liberté. — Doit-on dire maintenant que cet acte soit toujours libre ? Non. Plusieurs cas, en effet, peuvent se présenter. Ou bien nous jugeons sans aucune délibération, c'est-à-dire que, quoique nous ayons une idée des conditions à remplir pour juger sans erreur, nous subissons cette idée, et jugeons machinalement, par habitude. En ce cas, la volonté intervient plutôt en puissance qu'en acte. De tels jugements sont à peine des jugements. Pour qu'il y ait jugement à proprement parler, il faut que la volonté intervienne, c'est-à-dire qu'il y ait conscience des conditions à remplir, et, par suite, délibération plus ou moins prolongée. Alors deux cas peuvent encore se présenter. Ou bien cette délibération, cet examen des raisons d'affirmer ou de nier, aboutit à faire apercevoir clairement si les conditions de l'affirmation ou de la négation sont ou non réalisées, ou bien elle n'y aboutit pas. Dans ce dernier cas, si le jugement a lieu, c'est que nous y sommes déterminés par la pression des circonstances, c'est-à-dire par le rapport qu'elles ont avec notre sensibilité ; en ce cas, c'est la coopération de la volonté et de notre nature sensible, c'est-à-dire la volonté proprement dite, ou puissance de se déterminer au service de la nature, qui décide du jugement ; par suite, le jugement est un acte de volonté, non de liberté. Dans le premier cas, le jugement est libre en ce sens qu'il est raisonnable, qu'il est conforme à notre nature rationnelle. La raison, en nous, c'est l'esprit en tant qu'il est lui-même l'auteur de sa propre nature, c'est-à-dire qu'il ne peut trouver au-dessus d'elle aucune autre nature toute faite dont celle-ci dérive. Mais cette liberté n'est encore que le second degré de la liberté ; c'est plutôt le sentiment de la nécessité absolue (c'est-à-dire qui ne dépend que d'elle-même), que celui de l'indépendance à l'égard de toute nécessité.

  La liberté pleine. — Or le jugement peut être libre à ce degré supérieur. C'est ce qui arrive dans l'acte de réflexion, par lequel la pensée comprend qu'elle est supérieure à sa nature même, à toute nécessité, qu'elle est l'Esprit. Le jugement n'est vraiment libre que dans les esprits chez lesquels s'est établie l'habitude, non pas seulement d'analyser leurs idées (premier degré de la liberté), mais encore de se détacher [271] de leurs idées claires, et d'échapper même à la nécessité intérieure, après avoir échappé à l'autre.

  Nécessité et liberté. — Tous nos jugements, considérés d'un certain point de vue, sont nécessaires : mais, d'un autre point de vue, ils ne sauraient s'expliquer que comme résultant de la spontanéité absolue de l'esprit, et de cette spontanéité en tant qu'elle se manifeste par des actes successifs qui n'ont jamais toutes leurs conditions dans les précédents. Dans quelle mesure sont-ils libres en réalité ? Cela dépend de la perfection de la connaissance actuelle, et de la perfection générale de l'esprit."

 

Jules Lagneau, "Cours sur le jugement", 1886-1887, Célèbres leçons et fragments, PUF, 1950, p. 215-218.

 

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Date de création : 06/12/2025 @ 12:19
Dernière modification : 06/12/2025 @ 12:19
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