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Texte à méditer :  Je vois le bien, je l'approuve, et je fais le mal.  Ovide
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Hors des sentiers battus
Y a-t-il une ou plusieurs sciences ?

  "Il faut savoir que toute nos divisions de sciences ne sont pas dans la nature ; elles n'existent que dans notre esprit qui, à raison de son infirmité, est obligé de créer des catégories de corps et de phénomènes afin de mieux les comprendre en étudiant leurs qualités ou propriétés sous des points de vue spéciaux. Il en résulte qu'un même corps peut être étudié minéralogiquement, physiologiquement, pathologiquement, physiquement, chimiquement, etc. ; mais au fond il n'y a dans la nature ni chimie, ni physique, ni zoologie, ni physiologie, ni pathologie ; il n'y a que des corps qu'il s'agit de classer et des phénomènes qu'il s'agit de connaître et de maîtriser."

 

Claude Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, 1865, Deuxième partie, Chapitre deux, § 10, Champs Flammarion, 1984, p. 203.


 

 

  "La science, à la considérer objectivement, se présente comme un tout, ayant son unité interne. Il se trouve, il est vrai, qu'elle est divisée en spécialités ; mais cette division n'est pas fondée sur la nature des choses, elle provient seulement de ce que l'esprit humain est borné et que, par suite, une division du travail lui est indispensable. En fait, il y a une chaîne continue qui, partant de la physique et de la chimie, par l'intermédiaire de la biologie et de l'anthropologie, aboutit aux sciences sociales et à la psychologie et, nulle part, ce lien ne saurait être rompu si ce n'est arbitrairement. Les méthodes, elles-mêmes, du travail scientifique, dans les différentes branches du savoir, se révèlent comme étroitement apparentées à qui les regarde de près; seules les adaptations à leurs objets spéciaux font quelles semblent la manifestation d'activités différentes."

 

Max Planck, Initiations à la physique, 1934, Chapitre XI, tr. fr. J. du Plessis de Grenédan, Champs Flammarion, 1993, p. 259.


 

 

    "La tendance si fréquente à tracer de strictes lignes de démarcation entre les sciences, à isoler sans cesse de nouvelles disciplines et à prouver leur autonomie ne témoigne guère en faveur de l'esprit philosophique de notre temps. Le vrai philosophe prend exactement le chemin opposé : il ne veut pas rendre les différentes sciences autonomes et indépendantes les unes des autres, mais à l'inverse les réunir et les fondre en une seule, il veut précisément mettre en évidence ce qu'elles ont de commun à titre d'élément essentiel et apprendre à considérer ce qui les distingue comme l'élément accidentel qui ne concerne que la méthodologie pratique. Sub specie aeterni il n'y a pour lui qu'une seule réalité et une seule science".


Moritz Schlick, Questions d'éthique (1930), I, 12, Trad. C. Bonnet, Paris, P.U.F., 2000, p. 35.


  "On peut diviser la recherche scientifique en deux grands domaines : les sciences empiriques et celles qui ne le sont pas. Les premières tentent d'explorer, de décrire, d'expliquer et de prévoir les événements du monde dans lequel nous vivons. Leurs énoncés doivent donc être confrontés à l'expérience, et on ne les accepte que s'ils sont confirmés par une évidence empirique. Celle-ci est obtenue de bien des manières : par expérimentation, par observation systématique, par entretien ou par enquête, par des tests psychologiques ou cliniques, par l'examen attentif des documents, d'inscriptions, de monnaies, de vestiges archéologiques, etc. Cette dépendance à l'égard des faits distingue les sciences empiriques de celles qui ne le sont pas, comme la logique ou les mathématiques abstraites, dont on démontre les propositions sans qu'il soit nécessaire d'invoquer l'expérience.
  On divise souvent à leur tour les sciences empiriques en sciences de la nature et en sciences sociales. Cette division repose sur un critère moins clair que celui que nous invoquions pour distinguer la recherche empirique de celle qui ne l'est pas, et il y a des divergences sur le tracé de la frontière. D'habitude, on met sous la rubrique "sciences de la nature" la physique, la chimie, la biologie et les disciplines adjacentes ; dans les sciences sociales, on inclut la sociologie, la science politique, l'ethnologie, l'économie, l'histoire et les disciplines qui leur sont liées. La psychologie est tantôt placée dans l'un des domaines, tantôt dans l'autre et l'on dit souvent qu'elle est à cheval sur les deux."

  

Carl Hempel, Éléments d'épistémologie, 1966, Chapitre 1, tr. fr. Bertrand Saint-Sernin, Armand Colin, 1996, p. 1.



Date de création : 01/06/2006 @ 13:49
Dernière modification : 17/01/2011 @ 16:59
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