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Texte à méditer :   Un peuple civilisé ne mange pas les cadavres. Il mange les hommes vivants.   Curzio Malaparte
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Hors des sentiers battus
Le plaisir comme fin du désir

  "Le plaisir est, en effet, considéré par nous comme le premier des biens naturels, c'est lui qui nous fait accepter ou fuir les choses, c'est à lui que nous aboutissons, en prenant la sensibilité comme critère du bien. Or, puisque le plaisir est le premier des biens naturels, il s'ensuit que nous n'acceptons pas le premier plaisir venu, mais qu'en certains cas, nous méprisons de nombreux plaisirs, quand ils ont pour conséquence une peine plus grande. D'un autre côté, il y a de nombreuses souffrances que nous estimons préférables aux plaisirs, quand elles entraînent pour nous un plus grand plaisir. Tout plaisir, dans la mesure où il s'accorde avec notre nature, est donc un bien, mais tout plaisir n'est pas cependant nécessairement souhaitable. De même, toute douleur est un mal, mais pourtant toute douleur n'est pas nécessairement à fuir. Il reste que c'est par une sage considération de l'avantage et du désagrément qu'il procure, que chaque plaisir doit être apprécié. En effet, en certains cas, nous traitons le bien comme un mal, et en d'autres, le mal comme un bien."

 

Épicure, Lettre à Ménécée.



  "Vous m'avez appris à ne prendre les aliments que comme des remèdes. Mais quand je passe de ce pénible besoin à la quiétude de la satiété, dans ce passage la concupiscence me tend son piège. Car ce passage même est un plaisir, et il n'en n'est pas d'autre pour arriver où la nécessité nous force à nous rendre. La conservation de la santé est la raison du boire et du manger ; mais un dangereux plaisir, comme un laquais, accompagne ces fonctions, et ordinairement s'efforce de prendre les devants, de sorte que je fais pour lui ce que je dis et veux faire pour ma santé.
  Or la mesure de l'un n'est pas la même que celle de l'autre : ce qui est assez pour la santé ne l'est pas pour le plaisir, et souvent il est difficile de savoir si c'est un besoin physique qui demande encore à être satisfait, ou la sensualité qui nous dupe et veut être servie. Cette incertitude ravit notre pauvre âme : elle est heureuse de se ménager une défense et une excuse en ne voyant pas bien ce qui suffit à l'équilibre de la santé : et sous le voile de l'hygiène elle cache les intérêts de plaisir."

 

Saint Augustin, Les Confessions, 397-401, tr. fr. Joseph Trabucco, GF, 1964, p. 233.



 "Il paraît évident que les fins dernières des actions humaines ne peuvent jamais, en aucun cas, s'expliquer par la raison, mais qu'elles se rapportent entièrement aux sentiments et aux inclinations des hommes, sans dépendre en rien des facultés intellectuelles. Demandez à un homme pourquoi il prend de l'exercice, il répondra qu'il désire se garder en bonne santé. Si vous vous enquérez alors de la raison pour la quelle il désire la santé, il répliquera volontiers que la maladie est douloureuse. Si vous poussez plus loin vos questions et désirez connaître la raison pour la quelle il hait la douleur, il est impossible qu'il puisse jamais en donner une. C'est une fin dernière qui ne se rapporte jamais à un autre objet.
 Peut-être, à votre deuxième question, pour quelle raison il désire la santé, il peut répliquer qu'elle est nécessaire à l'exercice de son métier. Si vous lui demandez pourquoi il s'inquiète de ce point, il répondra qu'il désire gagner de l'argent. Si vous lui demandez pourquoi : c'est l'instrument du plaisir, dit-il. Après cela, il est absurde de réclamer une raison. Il est impossible qu'il puisse y avoir un progrès à l'infini : qu'une chose puisse toujours être la raison qui en fait désirer une autre. Il faut qu'il y ait quelque chose de désirable en soi pour son accord immédiat et son harmonie avec les inclinations et les sentiments humains."
 
Hume, Enquête sur les principes de la morale, 1751, GF, 1991, p. 214.

 

 "Qu'est-ce qu'un plus grand plaisir, sinon un plaisir préféré ? Et que peut être notre préférence sinon une certaine disposition de nos organes, qui fait que, les deux plaisirs se présentant simultanément à notre esprit, notre corps incline vers l'un d'eux ? Analysez cette inclination elle-même, et vous y trouverez mille petits mouvements qui commencent, qui se dessinent dans les organes intéressés et même dans le reste du corps, comme si l'organisme allait au-devant du plaisir représenté. Quand on définit l'inclination un mouvement, on ne fait pas une métaphore. En présence de plusieurs plaisirs conçus par l'intelligence, notre corps s'oriente vers l'un d'eux spontanément, comme par une action réflexe. Il dépend de nous de l'arrêter, mais l'attrait du plaisir n'est point autre chose que ce mouvement commencé, et l'acuité même du plaisir, pendant qu'on le goûte, n'est que l'inertie de l'organisme qui s'y noie, refusant toute autre sensation. Sans cette force d'inertie, dont nous prenons conscience par la résistance que nous opposons à ce qui pourrait nous distraire, le plaisir serait encore un état, mais non plus une grandeur. Dans le monde moral, comme dans le monde physique, l'attraction sert à expliquer le mouvement plutôt qu'à le produire."
 
Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience, 1889, PUF, 2011, p. 28-29.

 

  "Selon toute apparence l'ensemble de notre activité psychique a pour but de nous procurer du plaisir et de nous faire éviter le déplaisir, qu'elle est régie automatiquement par le principe de plaisir. Or, nous donnerions tout pour savoir quelles sont les conditions du plaisir et du déplaisir, mais les éléments de cette connaissance nous manquent précisément. La seule chose que nous soyons autorisés à affirmer, c'est que le plaisir est en rapport avec la diminution, l'atténuation ou l'extinction des masses d'excitations accumulées dans l'appareil psychique, tandis que la peine va de pair avec l'augmentation, l'exaspération de ces excitations. L'examen du plaisir le plus intense qui soit accessible à l'homme, c'est-à-dire du plaisir éprouvé au cours de l'accomplissement de l'acte sexuel, ne laisse aucun doute sur ce point. Comme il s'agit, dans ces actes accompagnés de plaisir, du sort de grandes quantités d'excitation ou d'énergie psychique, nous donnons aux considérations qui s'y rapportent le nom d'économiques. Nous notons que la tâche incombant à l'appareil psychique et l'action qu'il exerce peuvent encore être décrites autrement et d'une manière plus générale qu'en insistant sur l'acquisition du plaisir. On peut dire que l'appareil psychique sert à maîtriser et à supprimer les excitations et irritations d'origine extérieure et interne. En ce qui concerne les tendances sexuelles, il est évident que du commencement à la fin de leur développement elles sont un moyen d'acquisition de plaisir, et elles remplissent cette fonction sans faiblir. Tel est également, au début, l'objectif des tendances du moi. Mais sous la pression de la grande éducatrice qu'est la nécessité, les tendances du moi ne tardent pas à remplacer le principe de plaisir par une modification. La tâche d'écarter la peine s'impose à elles avec la même urgence que celle d'acquérir du plaisir ; le moi apprend qu'il est indispensable de renoncer à la satisfaction immédiate, de différer l'acquisition de plaisir, de supporter certaines peines et de renoncer en général à certaines sources de plaisir. Le moi ainsi éduqué est devenu « raisonnable », il ne se laisse plus dominer par le principe de plaisir, mais se conforme au principe de réalité qui, au fond, a également pour but le plaisir, mais un plaisir qui, s'il est différé et atténué, a l'avantage d'offrir la certitude que procurent le contact avec la réalité et la conformité à ses exigences.
  Le passage du principe de plaisir au principe de réalité constitue un des progrès les plus importants dans le développement du moi. Nous savons déjà que les tendances sexuelles ne franchissent que tardivement et comme forcées et contraintes cette phase de développement du moi, et nous verrons plus tard quelles conséquences peuvent découler pour l'homme de ces rapports plus lâches qui existent entre sa sexualité et la réalité extérieure."

 

Freud, Introduction à la psychanalyse, 1916, Petite Bibliothèque Payot, p. 335-336.



  "Les pulsions du « ça » aspirent à des satisfactions immédiates, brutales, et n'obtiennent ainsi rien, ou bien même se causent un dommage sensible. Il échoit maintenant pour tâche au « Moi » de parer à ces échecs, d'agir comme intermédiaire entre les prétentions du « ça » et les oppositions que celui-ci rencontre de la part du monde réel extérieur. Le "Moi" déploie son activité dans deux directions. D’une part, il observe, grâce aux organes des sens, du système de la conscience, le monde extérieur, afin de saisir l’occasion propice à une satisfaction exempte de périls ; d’autre part, il agit sur le "ça", tient en bride les passions de celui-ci, incite les instincts à ajourner leur satisfaction ; même quandcela est nécessaire, il leur fait modifier les buts auxquels ils tendent ou les abandonner contre des dédommagements. En imposant ce joug aux élans du "ça", le "Moi" remplace le principe de plaisir, primitivement seul en vigueur, par le principe dit "de réalité" qui certes poursuit le même but final, mais en tenant compte des conditions imposées par le monde extérieur. Plus tard, le "Moi" s’aperçoit qu’il existe, pour s’assurer la satisfaction, un autre moyen que l’adaptation dont nous avons parlé, au monde extérieur. On peut en effet agir sur le monde extérieur afin de le modifier, et y créer exprès les conditions qui rendront la satisfaction possible. Cette sorte d’activité devient alors le suprême accomplissement du "Moi", l’esprit de décision qui permet de choisir quand il convient de dominer les passions et de s’incliner devant la réalité, ou bien quand il convient de prendre le parti des passions et de se dresser contre le monde extérieur. Cet esprit de décision est tout l’art de vivre".

 

Freud, Psychanalyse et médecine, in Ma vie et la psychanalyse, 1926. Trad. M. Bonaparte, Paris, Collection Idées, 1972, p. 151-152.


 

 "L'enfant vit dans un monde de miracles, et par une continuelle incantation. Il demande, il prie, il persuade ; c'est ainsi qu'il obtient ; tel est son travail propre ; voilà comment il gagne sa vie. Il le faut bien. L'enfant ne peut pas vivre de son travail ; il ne conquiert pas sur les choses ; il ne fait que jouer avec les choses. En revanche il prend au sérieux les hommes, et même trop ; d'eux toute sûreté et toute nourriture. Il s'agit de leur plaire ; mériter c'est plaire. On dit très bien que nos réelles idées nous viennent de notre propre expérience ; mais on ne considère pas assez que nos premières expériences sont de trompeuses expériences. Il n'est pas vrai que la tâche de l'homme soit de demander et d'obtenir. Ce qu'on obtient par grâce, ce qui circule de l'un à l'autre, serait comme néant si le travail s'arrêtait seulement un jour. La condition réelle de l'existence humaine est une lutte continuelle contre les choses et contre les bêtes. C'est une chasse, une culture, une construction, un transport à grand-peine, travaux qu'il faut toujours recommencer, parce que l'homme consomme et use, et parce que la nature vient toujours à l'assaut."
 
Alain, Propos d’économique, 1934, XXXVIII : L'enfant vit dans un monde (10 mars 1931).


  "Mais s'il est vrai que le travail est l'origine, s'il est vrai que le travail est la clé de l'humanité, les hommes, à partir du travail, s'éloignèrent entièrement, à la longue, de l'animalité. Ils s'en éloignèrent en particulier sur le plan de la vie sexuelle. Ils avaient d'abord adapté dans le travail leur activité à l'utilité qu'ils lui assigneraient. Mais ce ne fut pas seulement sur le plan du travail qu'ils se développèrent : c'est dans l'ensemble de leur vie qu'ils firent répondre leurs gestes et leur conduite à une fin poursuivie [...] Pour les premiers hommes qui en eurent conscience, la fin de l'acti­vité sexuelle ne dut pas être la naissance des enfants, ce fut le plaisir immédiat qui en résultait […] La procréation n'était pas tout d'abord un but conscient. À l'origine, lorsque le moment de l'union sexuelle répondit humainement à la volonté consciente, la fin qu'elle se donna fut le plaisir, ce fut l'intensité, la violence du plaisir [...] De nos jours encore, des peuplades archaïques ont ignoré le rapport nécessaire de la conjonction voluptueuse et de la naissance des enfants. Humainement, la conjonction, celle des amants ou des époux, n'eut d'abord qu'un sens, celui du désir érotique : l'érotisme diffère de l'impulsion sexuelle animale en ce qu'il est, en principe, de la même façon que le travail, la recherche consciente de la fin qu'est la volupté [...]
  Dans une réaction primitive qui ne cesse pas d'opérer, la volupté est le résultat prévu du jeu érotique. Mais le résultat du travail est le gain : le travail enrichit. Si le résultat de l'érotisme est envisagé dans la perspective du désir, indépendamment de la naissance possible d'un enfant, c'est une perte à laquelle répond l'expression para­doxalement valable de petite mort. La petite mort a peu de chose à voir avec la mort, avec l'horreur froide de la mort, mais le paradoxe est-il déplacé lorsque l'érotisme est en jeu ?

  Effectivement, l'homme, que la conscience de la mort oppose à l'animal, s'en éloigne aussi dans la mesure où l'érotisme, chez lui, substitue un jeu volontaire, un calcul, celui du plaisir, à l'instinct aveugle des organes."

 

Georges Bataille, Les Larmes d'Éros, 1961, 10/18, 1971, p. 69-71.



  "Le développement de la technologie moderne et avant tout de la pharmacologie favorise, dans une mesure inconnue jusqu'à présent, l'aspiration humaine à éviter le déplaisir. Nous sommes à peine conscients du point où nous dépendons du confort moderne, tellement il va de soi. La plus modeste servante se révolterait violemment, si l'on mettait à sa disposition une chambre avec le chauffage, l'éclairage, la literie et les commodités qui paraissaient convenables à Gœthe ou à la duchesse Amélie de Weimar. Il y a peu d'années, à New York, quand un incident catastrophique de distribution priva la ville d'électricité durant quelques heures, beaucoup de personnes crurent très sérieusement que la fin du monde était arri­vée. Même ceux d'entre nous qui sont convaincus des avantages du bon vieux temps et notamment de la valeur éducative d'une vie spartiate, change­raient d'avis s'ils étaient forcés de subir le traite­ment chirurgical qui prévalait il y a deux mille ans. Du fait de la domination progressive de son environnement, l'homme moderne a, par la force des choses, déplacé l'équilibre plaisir-déplaisir dans le sens d'une hypersensibilité croissante à l'égard de toute situation pénible, tandis que sa capacité de jouissance allait s'émoussant. Pour une série de raisons, une telle situation entraîne des conséquences délétères.
  Une intolérance croissante envers le déplaisir, conjuguée avec un attrait réduit du plaisir, conduit les hommes à perdre la capacité de travailler durement en vue d'un résultat lointain prometteur de plaisir. Il en résulte une impatiente exigence d'immédiate satisfaction de tout désir en germe. Le besoin de satisfaction immédiate (instant gratification) est malheureusement favorisé de toutes les manières par les entreprises commercia­les et les producteurs et il est étonnant de cons­tater que les consommateurs ne se rendent pas compte du point où ils sont devenus les esclaves des achats à crédit. Pour des raisons faciles à 1 comprendre, le besoin incoercible de satisfaction immédiate entraîne des conséquences particulière­ment désastreuses dans le domaine du comporte­ment sexuel. La perte de la capacité de se propo­ser un objectif à long terme, cause la disparition des étapes, subtilement différenciées, du compor­tement instinctif ou culturel en vue de conquérir l'objet aimé. On assiste à la disparition non seule­ment du programme génétique conçu en vue de la reproduction, mais encore des normes du comportement culturel, qui visent au même objet dans le cadre d'une culture.

  Le comportement qui en résulte, cet assouvisse­ment sexuel immédiat, que nous voyons glorifié par tant de films modernes, est souvent qualifié de manière erronée de satisfaction animale. Il est très rare que les animaux supérieurs se comportent ainsi. Mieux vaudrait dire « bestial », si l'on entend par bête, les bêtes que l'homme a domes­tiquées et auxquelles il a désappris les étapes différenciées des rites et comportements qui pré­cèdent l'accouplement, afin de faciliter leur éle­vage.
  Comme le mécanisme plaisir-déplaisir possède la faculté d'inertie et avec celle-ci la propriété de développer des contrastes, l'effort immodéré d'éviter le moindre sentiment pénible, à tout prix, a pour conséquence inévitable d'empêcher cer­taines formes de plaisir qui reposent justement sur un effet de contraste.
  La vieille sagesse goethéenne : « À rudes semaines, joyeuses fêtes », menace de tomber en oubli. Avant tout, c'est la joie qu'une hypersen­sibilité à la peine rend inaccessible. Helmut Schulze a signalé ce fait surprenant que ni le mot ni le concept de joie n'apparaissent chez Freud. Il connaît la jouissance, mais non la joie. Lorsque, dit Schulze, on accède au sommet d'une mon­tagne difficile à gravir, avec des muscles doulou­reux, des doigts abîmés par l'escalade et la pers­pective d'affronter bientôt les risques et les dif­ficultés plus grands de la descente, il ne s'agit pas alors de jouissance mais bien de la plus grande joie pensable. On peut, à la rigueur, parvenir à la jouissance sans acquitter le prix d'un travail rude et pénible, mais non pas à la joie, cette « merveil­leuse étincelle divine ». L'intolérance à la peine, qui ne cesse d'augmenter de nos jours, trans­forme les hauts et les bas naturels à la vie humaine, en une plaine artificiellement nivelée. Les magni­fiques vagues, avec leurs crêtes et leurs creux, deviennent d'imperceptibles oscillations; l'ombre et la lumière un gris uniforme. En bref, cette ten­dance engendre un ennui mortel."

 

Konrad Lorenz, Les Huit péchés de notre civilisation, 1973, V, tr. fr. Elizabeth de Miribel, Flammarion, p. 68-71.



  "Si le plaisir est lié à l'accomplissement de l'acte gratifiant, si le bien-être résulte de l'assouvissement de celui-ci, assouvissement provoquant un état stable, bien que passager car il disparaîtra avec la réapparition du besoin, pulsionnel ou acquis par apprentissage, il me semble que le bonheur est lui aussi un état stable mais moins passager, car il enferme entre ses bras la succession répétée du désir, du plaisir et du bien-être. Être heureux, c'est à la fois être capable de désirer, capable d'éprouver du plaisir à la satisfaction du désir et du bien-être lorsqu'il est satisfait, en attendant le retour du désir pour recommencer. On ne peut être heureux si l'on ne désire rien. Le bonheur est ignoré de celui qui désire sans assouvir son désir, sans connaître le plaisir qu'il y a à l'assouvissement, ni le bien-être ressenti lorsqu'il est assouvi."

 

Henri Laborit, Éloge de la fuite, 1976, Folio essais, 2004, p. 96.

 

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Date de création : 25/01/2010 @ 17:21
Dernière modification : 22/09/2019 @ 15:51
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