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Texte à méditer :  

Là où se lève l'aube du bien, des enfants et des vieillards périssent, le sang coule.   Vassili Grossman


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Hors des sentiers battus
L'intolérance de la foi religieuse
  "Un jour peut-être un prophète ou un visionnaires se manifestera parmi vous, et vous annoncera un grand prodi­ge. Si le prodige se réalise conformé­ment à la prédiction et si l'homme vous invite alors à adorer et servir des dieux étrangers, des dieux que vous ne connaiss­ez pas, n'écoutez pas ce qu'il vous dit. En effet, c'est le Seigneur votre Dieu qui vous mettra ainsi à l'épreuve pour savoir si vous l'aimez de tout votre cœur et toute votre âme. Ne rendez de comptes qu'au Seigneur votre Dieu, ayez du respect pour lui, prenez au sérieux ses commandements, obéissez-lui, servez-le et demeurez attachés à lui seul. On devra mettre à mort le prophète ou visionnaire qui vous aura incités à vous détourner du Seigneur, le Dieu qui vous a arrachés à l'esclavage et vous a fait sortir d'Égypte ; il sera exécuté pour avoir voulu vous entraîner hors du chemin que le Seigneur votre Dieu vous ordonna de suivre. Vous ferez ainsi disparaître le mal du milieu de vous.
  Un jour peut-être l'un de vous verra son frère, ou son fils, ou sa fille, ou sa propre femme, ou son ami le plus cher, venir en cachette l'inviter à rendre un culte à des dieux étrangers, que ni vous ni vos ancêtres n'avez connus ; ce seront des dieux qu'adorent les nations étrangères, proches ou lointaines, d'une extrémité de la terre à l'autre. Il ne faudra pas y consentir, ni même écouter des propositions de ce genre ; on n'aura aucune espèce de pitié pour le coupable et on ne prendra pas sa défense. Il doit absolument être mis à mort. Celui qu'il aura essayé d'entraîner sera le premier à lui jeter des pierres pour le faire mourir, et le reste du peuple interviendra ensuite. Le coupable sera exécuté à coup de pierres, pour avoir tenté de détourner quelqu'un du Seigneur, le Dieu qui vous a fait sortir d'Égypte où vous étiez esclaves. Tous les Israélites apprendront ce qui s'est passé, ils en éprouveront de la crainte et ils ne commettront plus un tel crime.
  Un jour peut-être vous apprendrez que, dans l'une des villes où le Seigneur votre Dieu vous aura permis de vous installer, des vauriens de votre peuple ont entraîné leurs concitoyens à rendre un culte à des dieux étrangers que vous ne connaissez pas maintenant. Alors vous vous informerez, vous ferez des recher­ches, vous mènerez une enquête minutieuse ; si l'on découvre que cet acte abo­minable a réellement été commis, vous ferez mourir tous les habitants de la ville et vous massacrerez tout le bétail. Ensuite vous détruirez complètement la ville elle-même avec tout ce qui s'y trouve : vous rassemblerez toutes ses richesses au milieu de la place publique, vous y mettrez le feu et vous incendierez la ville. Ce sera comme un sacrifice entièrement brûlé en l'honneur du Sei­gneur votre Dieu. L'endroit restera pour toujours un tas de ruines, car la ville ne sera jamais rebâtie. Vous ne vous approprierez rien de ce qui doit être détruit, afin que I'ardente colère du Sei­gneur votre Dieu s'apaise. Il vous mani­festera toute sa bonté et vous rendra nombreux, comme il l'a promis à vos ancêtres, si vous lui obéissez et mettez en pratique tous les commandements que je vous communique aujourd'hui, et si vous faites ce qui est juste à ses yeux. "

 

Deutéronome, 13, 2-19, Alliance Biblique Universelle, 1996, p. 223-224.



  "Dirons-nous que nos armes sont spirituelles et non charnelles ? Pourquoi ne le dirions-nous pas ? Elles le sont assurément. Mais, en retour, ceux qui ont reçu de Dieu des armes charnelles sont tenus de se montrer comme des nourriciers de l'Église et d'ôter le mal du milieu d'Israël. Dirons-nous encore, dis-tu, qu'il ne faut plus contraindre la foi ? Bien au contraire, nous dirons aussi que, même si l'on voulait contraindre par la force, la foi ne peut cependant pas être contrainte ; mais cela n'empêche nullement que l'on veille à la tranquillité publique des gens de bien et que, par la sévérité de la discipline, soient ramenés ceux qui ne se laissent pas conduire. À ce sujet, si tu le veux, vois la quarante-huitième lettre d'Augustin. Dirons-nous qu'il faut permettre la liberté de conscience ? Nullement, du moins telle que cette liberté est ici comprise, c'est-à-dire que chacun rende un culte à Dieu comme il l'entend. Car c'est là une doctrine purement diabolique : qu'il faudrait laisser chacun périr s'il le veut. Ainsi, les pasteurs ne laisseront pas périr la brebis, autant qu'il dépendra d'eux ; mais ils avertiront, reprendront, et enfin, si besoin est, après que les autres remèdes auront été tentés en vain, ils la repousseront hors du reste du troupeau. Les magistrats aussi ne feront pas défaut à leur devoir, veillant à ce que l'Église ne subisse aucun dommage du fait de brebis changées en loups. Les pères également useront de leur droit à l'égard de leurs enfants ; et ce que j'ai dit des autres, je veux qu'on l'entende selon la mesure de leur vocation propre. Car tous devront rendre compte à Dieu des âmes que le Seigneur a confiées à leur foi. Et telle est cette liberté diabolique qui a aujourd'hui rempli la Pologne et la Transylvanie de tant de pestes, que nulle autre région sous le soleil ne tolérerait. À l'inverse, quelle concorde règne entre les ordres ! Quelle grande paix, loin de ces perturbateurs, là où, par un accord commun et sacré, les pasteurs veillent à ce que les dévastateurs du troupeau soient reconnus à temps par la Parole de Dieu et réprimés, et où, de son côté, le magistrat accomplit sa charge afin que les maîtres de blasphèmes et les fauteurs de séditions soient contenus, selon ce que requiert sa fonction ! À moins peut-être que, parmi les gens de bien – pour la défense desquels contre les injures des méchants l'Apôtre proclame que le magistrat a été établi par Dieu – nous ne comptions pas aussi ceux dont Satan guette le salut par ses instruments choisis."

 

Théodore de Bèze, Lettre à André Dudith, 1570, in Correspondance, tome XI, Librairie Droz, 1983, p. 179.

 

  "Addis postea: Dicemusne arma nostra spiritualia non carnalia esse ? Quid ni vero dicamus? Sunt enim certe. Sed vicissim jubentur Ecclesiae nutritios se praestare qui arma carnalia a Deo acceperunt. et malum tollere e medio Israelis. Jactabimusne. inquis. amplius fidem cogi non oporterc ? Imo dicemus etiam ui cogere velis cogi tamen non posse, sed id minime impedire quominus publicae bonorum tranquillitati consulatur. et severitate disciplinae trahantur qui se duci non sinum, qua de re vide, si libet, epistolarn Augustini quadragesimam octavam. Jactabimusnce libertatem conscientiis permittendam esse ? Minime, ut haec quidem libertas intelligitur, id est, ut quo quisquemodo volet Deum colat. Est enim hoc mere diabolicum dogma, sinendum esse unumquemque ut si volet pereat. Itaque nec pastores ovem patientur perire quantum in se erit, sed monebunt, corripient, ac tandem si opus fuerit caeteris frustra tentatis remediis a reliquo grege repellent. Magistratus quoque suo officio non deerunt, prospicientes ne quid detrimenti ab ovibus in lupos transmutatis accipiat Ecclesia. Patres quoque in suos liberos suo jure utentur, quod de caeteris dictum volo pro ipsorum vocationis ratione. Sunt enim omnes reddituri Deo rationem animarum quas ipsorum fidei Dominus commisit. Et illa est diabolica libertas quae Poloniam et Transylvaniam hodie tot pestibus implevit, quas nullae alioqui sub sole regiones tolerarent. Contra vero quae est ordinum inter se concordia? quanta est ab istis perturbatoribus quies, ubi communi sanctoque consensu curant pastores ut gregis vastatores tempestive ex Dei verbo agnoscantur et cohibeantur, ac rursum Magistratus oficium facit ut blasphemiarum magistri et seditiose ἑτεροδιδασκαλεῖν prout ipsius munus postulat coerceantur ? nisi forte inter bonos quibus adversus malorum injuriam tuendis praefectum esse a Deo Magistratum clamat Apostolus, eos non recensebimus quorum saluti Sathan per selecta organa sua insidiatur."

 

Théodore de Bèze, Lettre à André Dudith, 1570, in Correspondance, tome XI, Librairie Droz, 1983, p. 179.


 

  "La religion est seule en possession de mettre des nations entières en feu pour des opinions ; ses partisans sont bien plus nombreux, plus obstinés, plus turbulents que ceux de la philosophie. Dans la religion, tout est divin, tout est de la dernière importance, tout mérite l'attention la plus sérieuse ; ses principes, établis par le maître absolu de la vie et de la mort, ne peuvent être ni discutés sans témérité, ni révoqués en doute sans impiété, ni combattus sans crime. Surnaturelle ou supérieure à la nature et à la raison, cette religion est en droit d'emprunter les secours de la raison humaine pour s'appuyer, mais jamais il n'est permis d'employer la raison pour l'examiner elle-même ; ce serait un sacrilège que de porter un flambeau profane dans ses obscurités sacrées ; ses sophismes sont respectables, ses contradictions sont des mystères, destinés à confondre l'entendement humain ; ses absurdités doivent être pieusement adorées et reçues sans examen ; enfin ses dogmes sont inflexibles, ils doivent être défendus et maintenus aux dépens même du sang, de la vie, du repos des nations. Partout où l'esprit des hommes sera préoccupé d'opinions religieuses, auxquelles ils attacheront leur bonheur éternel, la raison ne pourra rien sur eux, la nature criera vainement, l'expérience ne les convaincra jamais, et nulle force dans le monde ne se trouvera capable de contrebalancer un intérêt que l’imagination leur peindra comme devant étouffer tous les autres."
 
Paul-Henri Thiry D'Holbach, Essai sur les préjugés, 1770, Chapitre VIII, in Œuvres philosophiques complètes, tome II, Éditions Alive, 1999, p. 103.


  "« Dieu a parlé : c'est à nous de croire. La religion qu'il a établie est une précisément comme lui. La vérité étant intolérante de sa nature, professer la tolérance religieuse, c'est professer le doute, c'est-à-dire, exclure la foi. Malheur et mille fois malheur à la stupide imprudence qui nous accuse de damner les hommes ! C'est Dieu qui damne ; c'est lui qui a dit à ses envoyés : Allez, enseignez toutes les nations ! Celui qui croira sera sauvé ; les autres seront condamnés. Pénétrés de sa bonté, nous ne pouvons cependant oublier aucun de ses oracles : mais quoiqu'il ne puisse tolérer l'erreur, nous savons néanmoins qu'il peut lui pardonner. Jamais nous ne cesserons de la recommander à sa miséricorde : jamais nous ne cesserons, ni de tout espérer pour la bonne foi, ni de trembler en songeant que Dieu seul la connaît. »
  Telle est la profession de foi d'un Espagnol et de quelques autres hommes encore. Cette foi suppose nécessairement dans ses adeptes un prosélytisme ardent, une aversion insurmontable pour toute innovation, un œil toujours ouvert sur les projets et les manœuvres de l'impiété, un bras intrépide et infatigable toujours élevé contre elle."

 

Joseph de Maistre, Lettres à un gentilhomme russe, sur l'inquisition espagnole, 1822, Lettre V, J. B. Pélagaud & Cie,

, p. 129-130.


  "L'Église est intolérante en matière de doctrine. Cela est vrai ; non-seulement nous l'avouons, mais nous nous en faisons gloire. La vérité est intolérante de sa nature. En religion comme en mathématiques, ce qui est vrai est vrai, et ce qui est faux est faux. Impossible de faire le moindre compromis entre la vérité et l'erreur ; impossible à la vérité de faire la moindre concession. Cette concession, quelque minime qu'on la suppose, serait la destruction immédiate de la vérité. Deux et deux font quatre ; cela est, c'est ce qu'on appelle une vérité. Donc, quiconque dira autrement dira une fausseté ; que ce soit en plus ou en moins, l'erreur sera toujours erreur ; que l'on se trompe d'un millième ou d'un millionième, on sera toujours hors de la vérité tant qu'on ne dira pas que deux et deux font quatre.
  L'Église apporte et conserve dans le monde des vérités aussi certaines que des vérités mathématiques et qui ont des conséquences autrement importantes. Elle enseigne et défend ces vérités avec autant d'intolérance que la science mathématique en met à défendre les siennes. Quoi de plus légitime ? L'Église catholique seule, au milieu des différentes sociétés chrétiennes, proclame qu'elle possède la vérité absolue hors de laquelle il n'y a pas de vrai christianisme; seule elle peut être, seule elle doit être intolérante. Seule elle peut et doit dire, comme elle le fait depuis dix-huit siècles dans ses Conciles : « Si quelqu'un pense, enseigne, contrairement à ma doctrine qui est la Vérité, qu'IL SOIT ANATHEME ! »"

 

Louis-Gaston de Ségur, Causeries sur le Protestantisme d'aujourd'hui, 1858, 3e partie, chapitre VI, Tolra et Haton, 14e édition, 1863, p. 164-165.



  "La tolérance n'a donc jamais été une vertu chrétienne ; la foi exclut toute idée de tolérance. Les musulmans ont agi comme les chrétiens, les huguenots ne se sont pas montrés moins cruels. Toute religion qui a la prétention d'être seule en possession de la vérité est fatalement intolérante. La philosophie seule peut admettre la tolérance comme un principe et la faire prévaloir ; mais alors ce sera fait des religions puisqu'elle les placera toutes ex aequo."
 

Pierre Larousse, Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle, 1876, article "Tolérance", tome 15, p. 268.


 

  "Can. 750 - On doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition, c'est-à-dire dans l'unique dépôt de la foi confié à l'Église, et qui est en même temps proposé comme divinement révélé par le magistère solennel de l'Église ou par son magistère ordinaire et universel, à savoir ce qui est manifesté par la commune adhésion des fidèles sous la conduite du magistère sacré ; tous sont donc tenus d'éviter toute doctrine contraire.
  On doit aussi adopter fermement et faire sien tous les points, et chacun d'eux, de la doctrine concernant la foi ou les mœurs que le Magistère de l'Église propose comme définitifs, c'est-à-dire qui sont exigés pour conserver saintement et exposer fidèlement le dépôt de la foi; celui qui repousse ces points qui doivent être tenus pour définitifs s'oppose donc à la doctrine de l'Église catholique.
  Can. 751 - On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d'une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité ; apostasie, le rejet total de la foi chrétienne ; schisme, le refus de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l'Église qui lui sont soumis."

 

Jean-Paul II, Lettre apostolique Ad Tuendam Fidem, insérant plusieurs normes dans le Code de Droit canonique, 18 mai 1998.

 

 

Date de création : 24/02/2012 @ 12:03
Dernière modification : 07/01/2026 @ 14:12
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