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Hors des sentiers battus
La curiosité

  "Ici vient s'ajouter une autre forme de tentation, qui offre de plus nombreux dangers. Outre la
concupiscence de la chair, qui consiste dans la délectation voluptueuse de tous les sens, et dont l'esclavage perd ceux qui s'éloignent de vous, il y a dans l'âme une autre convoitise, qui s'exerce par les mêmes sens corporels, mais tend moins à une satisfaction charnelle qu'à faire des expériences par le moyen de la chair : vaine curiosité qui se couvre du nom de connaissance et de science. Comme elle est faite de l'appétit de connaître, et que, entre les sens, les yeux sont les principaux instruments de la connaissance, l'oracle divin l'a nommée « la concupiscence des yeux » [I Jean, II, 16] [...]
  Toute expérience qui est l'œuvre des sens est nommée, comme je l'ai dit, concupiscence des yeux : cette fonction de la vision, qui est essentiellement celle des yeux, les autres sens l'assument métaphoriquement, quand ils cherchent à connaître quelque chose.

  D'après cela, on peut distinguer plus clairement le rôle du plaisir et celui de la curiosité dans l'action des sens. Le plaisir recherche ce qui est beau, mélodieux, suave, savoureux, doux au toucher ; et la curiosité, elle veut aussi faire l'essai des impressions contraires, non pour s'exposer à une peine, mais par désir de faire des expériences et de connaître.
  Quel plaisir peut donner la vue d'un cadavre déchiré et qui fait horreur ? Pourtant qu'il en gise un quelque part, on accourt pour s'attrister et pâlir d'émoi. On craint de le revoir en rêve, comme si quelqu'un nous avait contraints à le contempler pendant la veille, ou que le renom d'un bel objet à voir nous avait entraînés.
  Il en est de même des autres sens qu'il serait trop long de passer en revue. C'est cette maladie de la curiosité qui est à l'origine des exhibitions de monstres dans les spectacles. C'est elle qui nous conduit à scruter les secrets de la nature extérieure, dont la connaissance ne sert à rien et que les hommes ne désirent connaître que pour le plaisir de connaître. C'est elle encore qui, pour­suivant la même fin, – une science perverse –, inspire les recherches de l'art magique. C'est elle aussi qui, dans la religion même, nous induit à tenter Dieu, quand on lui demande des signes et des prodiges, non pour le salut d'une âme, mais pour la seule satisfaction de les connaître."

 

Saint AugustinConfessions, Livre X, 35, La curiosité, tr. fr. J. Trabucco, GF, 1964, p. 240-241.

 

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Date de création : 02/03/2022 @ 13:29
Dernière modification : 02/03/2022 @ 13:29
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