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Texte à méditer :  

Là où se lève l'aube du bien, des enfants et des vieillards périssent, le sang coule.   Vassili Grossman


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Hors des sentiers battus
La philosophie et le monde

  "L'esprit qui s'est accoutumé à la liberté et à l'impartialité de la contemplation  philosophique, conservera quelque chose de cette liberté et de cette impartialité dans le monde de l'action et de l'émotion ; il verra dans ses désirs et dans  ses buts les parties d'un tout, et il les regardera avec détachement comme les  fragments infinitésimaux d'un monde qui ne peut être affecté par les préoccupations d'un seul être humain. L'impartialité qui, dans la contemplation, naît  d'un désir désintéressé de la vérité, procède de cette même qualité de l'esprit qui, à l'action, joint la justice, et qui, dans la vie affective, apporte un amour  universel destiné à tous et non pas seulement à ceux qui sont jugés utiles ou  dignes d'admiration. Ainsi, la contemplation philosophique exalte les objets de  notre pensée, et elle ennoblit les objets de nos actes et de notre affection ; elle fait de nous des citoyens de l'univers et non pas seulement des citoyens d'une  ville forteresse en guerre avec le reste du monde. C'est dans cette citoyenneté  de l'univers que résident la véritable et constante liberté humaine et la libération d'une servitude faite d'espérances mesquines et de pauvres craintes.
  Résumons brièvement notre discussion sur la valeur de la philosophie : la  philosophie mérite d'être étudiée, non pour y trouver des réponses précises  aux questions qu'elle pose, puisque des réponses précises ne peuvent, en général, être connues comme conformes à la vérité, mais plutôt pour la valeur des  questions elles-mêmes ; en effet, ces questions élargissent notre conception du  possible, enrichissent notre imagination intellectuelle et diminuent l'assurance  dogmatique qui ferme l'esprit à toute spéculation; mais avant tout, grâce à la  grandeur du monde que contemple la philosophie, notre esprit est lui aussi  revêtu de grandeur et devient capable de réaliser cette union avec l'univers qui  constitue le bien suprême".

 

Bertrand Russell, Problèmes de philosophie, 1912, tr. fr. François Rivenc, Payot, 1975, p. 185-186.

 

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Date de création : 13/04/2023 @ 09:09
Dernière modification : 13/04/2023 @ 09:09
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