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Texte à méditer :  Time is money.
  
Benjamin Franklin
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Figures philosophiques

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Hors des sentiers battus
Choisir d'être libre ; vouloir la liberté

  "Il y a des gens à qui l'idée d'échec inspire une telle horreur qu'ils se retiennent de jamais rien vouloir : mais nul ne songerait à considérer cette morne passivité comme le triomphe de la liberté.
  En vérité, pour que ma liberté ne risque pas de venir mourir contre l'obstacle qu'a suscité son engagement même, pour qu'elle puisse encore à travers l'échec poursuivre son mouvement, il faut que, se donnant un contenu singulier, elle vise à travers lui une fin qui ne soit aucune chose, mais précisément le libre mouvement de l'existence. L'opinion publique n'est pas ici mauvais juge, qui admire qu'un homme sache, en cas de ruine, d'accident, prendre le dessus, c'est-à-dire renouveler son engagement dans le monde, affirmant par là hautement l'indépendance de la liberté par rapport à la chose. Ainsi, lorsque Van Gogh malade accepte sereinement la perspective d'un avenir où il ne pourra plus peindre, il n'y a pas là résignation stérile ; la peinture était pour lui un mode de vie personnelle et de communication avec autrui qui pouvait sous une autre forme se perpétuer jusque dans un asile. Dans un tel renoncement le passé se trouvera intégré et la liberté confirmée ; il sera vécu à la fois dans le déchirement et dans la joie : dans le déchirement, puisque le projet se dépouille alors de son visage singulier, il sacrifie sa chair et son sang ; mais dans la joie, puisque, au moment où l'on lâche prise, on se retrouve les mains libres et prêtes à se tendre vers un nouvel avenir. Mais ce dépassement n'est concevable que si le contenu n'est pas visé comme barrant l'avenir, mais au contraire comme dessinant en lui des possibilités neuves."

 

Simone De Beauvoir, Pour une morale de l'ambiguïté, 1947, I, Folio essais, 2017, p. 38-39.


 

  "La liberté n'est ni utopie ni fatalité. Elle est projet social-historique sans la réalisation déjà advenue, bien que partielle […]. Fonder le projet de liberté philosophique en raison, c'est déjà un mauvais usage de la raison, puisque la décision même de philosopher n'est qu'une manifestation de la liberté : philosopher n'est qu'une manifestation de la liberté : philosopher, c'est essayer d'être libre dans le domaine de la pensée. […]
  À partir du moment où nous sommes sortis de la clôture de l'institution sacrée ; à partir du moment où les Grecs ont posé les questions : que devons-nous penser ? Que devons-nous faire ? Dans un monde qu'ils avaient construit de telle sorte que les dieux, là-dessus, n'avaient rien à dire, il n'y a plus d'esquive possible de la responsabilité, du choix, de la décision. Nous avons décidé que nous voulons être libre – et cette décision est déjà la première réalisation de cette liberté."

 

Cornelius Castoriadis, "Individu, société, rationalité, histoire", 1988, in Le Monde morcelé, Point essais, 2000, p. 86.

 

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Date de création : 04/01/2026 @ 17:06
Dernière modification : 12/05/2026 @ 11:13
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