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Texte à méditer :  Aucune philosophie n'a jamais pu mettre fin à la philosophie et pourtant c'est là le voeu secret de toute philosophie.   Georges Gusdorf
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Hors des sentiers battus
Le droit de juger

  "S'il était aussi facile de commander aux âmes qu'aux langues, il n'y aurait aucun souverain qui ne régnât en sécurité et il n'y aurait pas de gouvernement violent, car chacun vivrait selon la complexion des détenteurs du pouvoir et ne jugerait que d'après leurs décrets du vrai ou du faux, du bien ou du mal, du juste ou de l'inique. Mais […] cela ne peut être ; il ne peut se faire que l'âme d'un homme appartienne entièrement à un autre ; personne en effet ne peut transférer à un autre, ni être contraint d'abandonner son droit naturel ou sa faculté de faire de sa raison un libre usage et de juger de toutes choses. Ce gouvernement par suite est tenu pour violent, qui prétend dominer sur les âmes et une majesté souveraine paraît agir injustement contre ses sujets et usurper leur droit, quand elle veut prescrire à chacun ce qu'il doit admettre comme vrai ou rejeter comme faux, et aussi quelles opinions doivent émouvoir son âme de dévotion envers Dieu : car ces choses sont du droit propre de chacun, un droit dont personne, le voulût-il, ne peut se dessaisir."

 

Baruch Spinoza, Traité théologico-politique, 1670, ch. XX, Trad. Ch. Appuhn, Garnier-Flammarion, p. 327.


 

  "Le secret des cœurs et l'acte libre comme tel, l'univers des lois morales, le droit de la conscience à écouter Dieu et à faire son chemin vers lui, toutes ces choses, dans l'ordre naturel comme dans l'ordre surnaturel, ne peuvent pas être touchées par l'État, ni tomber sous ses prises. Sans doute la loi oblige en conscience, mais c'est parce qu'elle n'est loi que si elle est juste et promulguée par l'autorité légitime, non parce que l'État ou la majorité seraient la règle de la conscience. Sans doute l'État a une fonction morale et non pas seulement matérielle ; la loi a une fonction pédagogique et tend à développer les vertus morales ; l'État a le droit de me punir si, ma conscience étant aveuglée, je commets suivant ma conscience un acte criminel ou délictueux. Mais en pareille circonstance l'État n'a pas l'autorité de me faire réformer le jugement de ma conscience, pas plus qu'il n'a le pouvoir d'imposer aux esprits son jugement sur le bien et le mal, ni de légiférer sur les choses divines, ni d'imposer une croyance religieuse quelle qu'elle soit. Il le sait bien. Et c'est pourquoi, chaque fois qu'il sort de ses limites naturelles pour pénétrer, au nom des revendications totalitaires, dans le sanctuaire de la conscience, il s'efforce de violer celui-ci par des moyens monstrueux d'empoisonnement psychologique, de mensonge organisé et de terreur."

 

Jacques Maritain, Les Droits de l'homme et la loi naturelle, 1942, P. Hartmann, 1947, p. 79-80.

 

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Date de création : 19/03/2026 @ 08:22
Dernière modification : 20/03/2026 @ 16:06
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